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Le premier esclave d'une longue série



 

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 Le premier esclave d'une longue série

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MessageSujet: Le premier esclave d'une longue série   Jeu 16 Oct - 20:55

Layah se rapprochait de plus en plus de Rivel. Regrettant parfois d'être partie du confort familial, elle s'amusait pourtant beaucoup. Elle avait déjà fait tourner en bourrique nombre de personnes, partant en courant dès que les choses se corsaient, riant à gorge déployée, fière de ses petits méfaits. C'était l'un de ses seuls réconforts durant le temps où elle était sur la route.

Un fin crachin se mit à tomber. Mettant les paumes vers le ciel, levant la tête, Layah évalua l'intensité de la pluie. Pas de risque à première vue. Ses pouvoirs n'allaient pas en être diminués. Doucement, elle atteignit une sorte de sous-bois, qui devint petit à petit une sorte de forêt peu épaisse. Errant entre les arbres, marchant droit devant elle, son sac sur le dos, son châle sur les épaules afin de cache la rune sur son bras, elle essayait désespérément d'avoir un signe qu'elle était sur la bonne route.

Soudain, une voix derrière elle l'interpella :

— Mademoiselle ? Êtes-vous perdue ?

Se retournant vivement, sur la défensive, Layah aperçut un homme, une femme et un enfant. Sûrement une famille. Tous trois semblaient assez pauvres, bien qu'ils soient tous trois souriant. Ils étaient humains, Layah l'aurait parié. L'homme avait des cheveux bruns assez courts, en bataille. Il avait un corps assez musclé, sûrement à cause de son métier. Layah devina qu'il devait être bûcheron grâce à cela, et à la hache qu'il portait, ainsi que le bois que ceux qui devaient être sa femme et son fils portaient. La femme était assez maigre et avait le visage creusé par le manque de nourriture. Ses cheveux étaient gras et blonds, et lui collaient au visage. L'enfant, blond lui aussi, se cachait timidement derrière sa mère. Layah les regarda un instant, les dévisageant tous un par un, et se détendit.

— Je dois avouer que je ne sais plus trop où je suis... Je cherche Rivel, à vrai dire.

— Cela tombe bien, répondit l'homme, nous y allons dans peu de temps. Nous comptions partir pour la ville après que la pluie se soit calmée un peu. Voudriez-vous venir ?

La femme tira sur le bras de son mari pour lui chuchoter quelque chose à l'oreille, ce à quoi celui-ci répondit par un sourire rassurant. La femme sembla se détendre un peu mais continua de regarder Layah étrangement.

— Je m'appelle Gritt. Voilà ma femme, Yzith, et notre fils, Luin.

— Enchantée. Mon nom est Layah.

— Et bien Layah, suivez-nous, nous allons nous réchauffer avant que cette pluie ne devienne sérieuse.

La sorcière lui répondit par un petit sourire, ce qui fit tout de suite réagir Yzith. Layah s'amusait déjà beaucoup. Après quelques minutes de marche, ils arrivèrent à une petite maisonnette en bois. Gritt rentra le premier, suivi par sa famille, et enfin Layah. Elle découvrit un intérieur pittoresque, avec uniquement une table, deux lits, une étagère et une cheminée prête à tomber. Gritt mit un peu de bois dans celle-ci et alluma un feu, bien que Layah ne considère pas cela comme une bonne idée vu l'état de la structure. Néanmoins, elle s'approcha, un peu trempée à force d'avoir marché sous la pluie. Gritt lui tendit un morceau de tissu sale.

— Tenez. C'est malheureusement la serviette la plus propre que nous ayons. La salle de bain est par là. S'il vous prend l'envie d'un bain chaud, vous n'aurez qu'à allumer les braises sous la baignoire.

Il désigna une porte en bois vers laquelle Layah se dirigea. S'enfermant en mettant une chaise devant celle-ci, Layah regarda la grande bassine de fer servant de baignoire. Décidément, cet endroit était vraiment très pauvre. Allumant les braises comme l'avait dit Gritt, elle se déshabilla lentement, appréciant le fait que ses vêtements ne collent plus à sa peau. Rentrant lentement dans l'eau qui commençait à chauffer, elle remarqua que l'intérieur de la bassine était recouvert d'un revêtement pour ne pas que les parois chauffent. Ils avaient du débourser beaucoup d'argent pour s'offrir cela...

Après s'être lavée un peu et s'être séchée grâce à la serviette, Layah tâta ses vêtements pour voir s'ils avaient séchés. Son châle, très fin, avait déjà fini de sécher, et son pantalon n'était pas très mouillé. Son débardeur, en revanche, était encore loin d'être sec. Malgré tout, cela fit sourire Layah. Elle préparait d'ores et déjà une petite taquinerie... Mettant son châle sur ses épaules, cachant ainsi le haut de sa poitrine et l'intégrité de sa rune, elle enfila son pantalon et sortit de la salle de bain. Cela provoqua immédiatement quelques réactions. Yzith se leva brusquement, quasiment indignée par cette tenue. Gritt, lui, tourna la tête vers elle avant de recommencer à s'occuper de son feu. La sorcière jeta un regard malicieux à la femme, qui préféra ne pas répondre et aller s'occuper de son enfant.

Layah vint doucement s'asseoir près de Gritt qui faisait doucement cuire un repas dans une petite casserole. La jeune Sidhe ne dit rien, mais remarqua bien les coups d'oeil discrets que lui jetait l'homme, s'arrêtant souvent sur son torse nu et la forme de sa poitrine. Alors qu'elle le fixait sans qu'il la remarque, une idée lui vint à l'esprit. Mais il lui faudrait agir prudemment et réussir à manipuler cette famille...

— Pourquoi ne travaillez-vous pas à Rivel ? Vous gagneriez plus, dit-elle soudainement.

Gritt la regarda un instant, et fit :

— Encore faudrait-il que nous puissions nous acheter une demeure là-bas. L'aller-retour jusqu'à Rivel est trop long. Et puis, nous ne sommes pas malheureux pour autant.

— Ce n'est donc que ça qui vous dérange ? Je connais des gens à Rivel. Je pourrais faire en sorte qu'ils vous logent jusqu'à ce que vous puissiez vous acheter une maison.

Gritt leva un sourcil, intéressé, mais sa femme réagit immédiatement.

— Ne la crois pas, Gritt ! A coup sûr, c'est un piège, et nous allons nous retrouver endetté jusqu'au cou !

— Je comprends que tu sois sur tes gardes Yzith, mais n'aimerais-tu pas vivre dans la grande ville ?

— Bien sûr que si ! Mais nous avons déjà tout ce qu'il nous faut ici !

— Votre enfant ne s'en porterait que mieux je pense, répondit Layah.

Yzith lui jeta un regard noir.

— Ne mêlez pas mon enfant à cela. Laissez-le tranquille.

— Ecoutez, Yzith. Vous m'avez aidé, et j'essaye juste de vous rendre service aussi. Sans vous, je serais encore dans le bois, trempée jusqu'aux os, et sûrement entourée de prédateurs. Mais ce n'est pas le cas. Parce que vous m'avez recueillie, mieux que ça, vous m'avait laissé me laver, me réchauffer, et vous me montrerez la voie pour Rivel. Je vous dois la vie, en quelque sorte. Alors laissez-moi rendre la votre meilleure.

En parlant, Layah s'était levée et était venue saisir la main de la femme. Celle-ci la regardait, déconcertée. La pauvre ne savait plus quoi penser et cela se voyait. Malgré tout, elle enleva brusquement sa main de celles de Layah et cracha :

— Et qu'est-ce qu'on doit faire ?

— Il va falloir plaire à mes connaissances. Yzith, je suis sûre que vous savez où poussent de belles fleurs dans le coin. Allez en cueillir, faites un bouquet et filez droit à Rivel. Chercher quelqu'un du nom de Kilteim. Pendant ce temps, j'apprendrais à votre mari comment se comporter pour qu'il leur plaise.

Yzith tremblait. Ne sachant quoi faire, elle regarda son mari. Il lui répondit par un signe de tête et un sourire rassurant, ce genre de sourire qui savait l'apaiser quoi qu'il arrive. Saisissant Luin par la main, Yzith sortit et alla faire ce que Layah lui avait demandé.

— Êtes-vous sûre que cela marchera ?, demanda Gritt.

— Sûre ? Non. Rien n'est sûr, malheureusement. Mais... Je connais une méthode qui pourrait nous en dire plus sur ce que l'avenir nous réserve.

— Une méthode ?

Layah vint s'asseoir à côté de Gritt et lui fit l'un de ses sourires les plus charmeurs.

— Je suis un peu divinatrice. Des techniques de grand-mère, qui font un peu occultes, je l'avoue, mais qui m'ont maintes fois aidées. Voudriez-vous essayer ?

Gritt la regarda, devenant subitement distant. Layah posa  sa main sur son bras.

— Je sais que cela peut vous faire peur. Votre femme vous a mis le doute quant à ma sincérité...

Gritt sembla se calmer. Layah, un peu penchée vers lui, le laissait voir les formes de ses seins à travers le tissu de son châle. Enfin, il soupira.

— Très bien. Cela ne tuera personne.

— Exactement ! Mais je préfère vous prévenir, cela requiert un peu de votre sang.

Gritt s'était levé, mais se figea soudainement. Layah vint l'enlacer dans le dos, pressant sa poitrine contre celui-ci, laissant la chaleur de son torse le rassurer.

— Calmez-vous. Je vous ai dit, ce ne sont que des méthodes de grand-mère. C'est inoffensif. Juste un peu... Etrange.

L'homme serrait du poing à présent, mais Layah ne sut pas s'il contenait sa colère ou son excitation. Il tourna la tête vers elle et sourit.

— Très bien.

Layah sourit intérieurement. Tout se déroulait parfaitement bien. Elle alla chercher un petit bout de bois qui lui servirait de crayon, et laissa Gritt remplir une petite tasse avec son sang.

— Il vous en faut beaucoup...

— Uniquement parce que je dois tracer un cercle. Mais cela suffira, ne vous en faites pas.

Saisissant le bras où l'homme s'était entaillé, elle vint délicatement lécher la plaie. Cela était inutile, mais l'excitation que ça provoquerait chez Gritt serait suffisante pour qu'il se tienne tranquille. Poussant la table sur le côté, elle se mit à quatre pattes sur le sol et commença à tracer un grand cercle, le faisant aussi parfaitement qu'elle le pouvait. Bien évidemment, elle ne se gêna pas pour relever un peu le postérieur quand elle passa devant Gritt. Celui-ci, assis sur le lit, regardait attentivement la sorcière tracer son cercle. Quand celui-ci fut fini, elle en traça un second à l'intérieur, juste un peu moins grand que le premier, et remplit la marge entre les deux d'inscriptions étranges. Une fois le travail fini, elle se releva et fit signe à Gritt de prendre place au milieu de celui-ci.

Tandis qu'il s'installait confortablement, elle saisit un bout de papier, s'entailla la chair et laissa couler un peu de son sang dans une autre tasse. Faisant mine d'y mettre de l'eau et des herbes, elle traça rapidement un dessin sur le papier, et amena la tasse à Gritt.

— Buvez ça. Ca calme les nerfs, et ça favorise la divination.

Gritt fit tourner le liquide dans la tasse un instant. Fort heureusement, il faisait trop sombre dans cette petite maisonnette pour qu'il voit ce que la tasse contenait. Se décidant, il but le breuvage cul sec.

À ce moment précis, Layah réagit. Enlevant son châle, laissant sa rune à l'air libre comme elle le faisait dans la cité Sidhe, elle plaqua le bout de papier sur le front de Gritt. Celui-ci, à l'envers, représentait deux personnes placées sous un cupidon.

— À présent, je te corromps, et je te place sous le signe de l'Amoureux renversé !

Gritt la regarda un long moment, sans que rien ne se passe. Layah garda sa main appuyée sur la carte, et, doucement, poussa Gritt, le forçant à s'allonger. Elle se retrouva lentement au-dessus de lui, maintenant la carte sur son front, et celui-ci ne se gêna pas pour la mater.

— À présent, Gritt, reste sagement allongé. Il ne faut pas que tu bouges d'un poil, ni que la carte tombe. D'accord ?~

— D-D'accord... Quel était ce breuvage ? C'était... Délicieux...

— Si tu es sage, je t'en donnerais plus... Alors ne bouge pas~

Gritt s'exécuta et, pour le reste du temps, il n'effectua pas un seul mouvement. Layah incanta devant lui durant plusieurs heures, assise à l'extérieur du cercle, sa rune complètement visible. Parfois, sans s'arrêter d'incanter, elle s'asseyait, mais elle ne bougea pas non plus de place. Le lendemain matin fut identique. Layah était sûre qu'Yzith ne reviendrait pas de si tôt. Une femme avec un bouquet se ferait très certainement bousculer en ville, et elle mettrait donc du temps à revenir. Le surlendemain, la fin du rituel approcha. Gritt n'avait pas bougé d'un poil, désireux de regoûter au sang de Layah. Lentement, celle-ci se leva et s'arrêta d'incanter. Elle s'assit sur le torse de Gritt et prit un couteau, qu'elle fit passer lentement entre ses seins, laissant un fin filet s'en échapper.

— Fais-toi plaisir. Lèche la plaie, bois mon sang autant que cela te plaira.

Gritt ne se fit pas prier. Se relevant subitement, entravant Layah dans ses bras, il enfouit sa tête dans sa poitrine et lécha le sang qui coulait le long du torse de la jeune Sidhe. Il alla même jusqu'à sucer la plaie, pour boire encore plus. Très vite, le rituel se termina. Layah le sentit, et pouvait le voir dans le comportement de Gritt. L'Amoureux renversé faisait effet. Il n'était plus que désir sexuel et instabilité émotionnelle. Malgré tout, ce n'était pas assez. Du bout des doigts, Layah attrapa un couteau et s'entailla le poignet. Le sang coula à flots. Gritt ne savait plus où donner de la tête. Léchant la plaie dans la poitrine de Layah, suçant celle sur son poignet, récupérant chaque goutte qui avait giclé... Mais peu à peu, son envie laissa place au dégoût. Layah devenait fébrile, et le rituel commença à vaciller. Vivement, elle saisit la tête de Gritt et la plaqua contre sa poitrine.

— Encore un peu... Quelques gouttes seulement... Tu en as envie, je le sais...


Gritt essaya de se dégager de l'étreinte de la sorcière. Puisant dans ses dernières forces, elle vint sucer la plaie à son poignet, gardant l'équivalent d'une gorgée de sang dans sa bouche, et embrassa Gritt. Elle déversa le contenu de sa bouche dans la sienne, le laissant boire à ses lèvres. C'est à ce moment qu'Yzith et son fils débarquèrent dans la maisonnette. Elle avait du sang sur le visage, était en sueur et elle avait du pleurer. Son fils était dans le même état qu'elle. Elle resta silencieuse un long moment, analysant la scène un instant. Layah commença à avoir la tête qui tourne à cause du sang versé. Elle glissa le long du corps de Gritt pour s'asseoir par terre et fit :

— Gritt, sois un ange, attache-moi ces deux-là et tu auras du s--

Layah s'interrompit en se tenant le bras. Sa rune la brûlait. Plus besoin de le faire "chanter" avec son sang. Il était totalement en son pouvoir. Pour la première fois, Layah remercia sa mère de lui avoir martyrisé la chair comme elle l'avait fait. Gritt s'était levé et s'approchait de sa femme, qui s'était remise à pleurer.

— Gritt, non... Mon amour, c'est moi, reviens à toi... Tu ne me reconnais pas ? C'est moi, Yzith...

Mais il ne l'écouta pas. Plus rien ne lui importait, hormis les ordres de sa Maîtresse. Il attacha son fils et sa femme avec les cordes pour les fagots. Voyant la famille de son esclave ainsi impuissante, Layah vint embrasser langoureusement son nouveau "jouet" et eut une petite idée.

— Bien... Prends-moi devant eux, maintenant.
Scène érotique:
 

— Tue-les.

Encore nu, Gritt ne réfléchit même pas. Il s'approcha de sa femme et l'étrangla sous les yeux apeurés de son fils, à qui il fit de même quelques secondes plus tard. Une fois acquitté de sa tâche, il revint se blottir dans les bras de sa Maîtresse, haletante, fatiguée, et tout deux s'endormirent ainsi.

Le lendemain, Layah atteignit Rivel, suivie de son premier esclave. Et tout porte à croire que ça n'est que le premier d'une longue série...


Layah Thorvaldson
Aos Sidh
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Aos Sidh
MessageSujet: Re: Le premier esclave d'une longue série   Sam 25 Oct - 17:57

[Quelques minutes après la rencontre avec Eden]



Gritt recommença à hurler. Fatiguée de l'entendre, Layah se rhabilla entièrement, monta les marches de la cave et se dirigea vers le salon. Elle avait trouvé une vieille demeure désaffectée qu'elle avait librement investie le temps d'accomplir ses objectifs sur Rivel. Prenant une tranche de brioche qu'elle avait volé ainsi qu'un livre, elle s'écroula sur le vieux canapé poussiéreux. Elle pouvait encore entendre Gritt hurler comme si on le dépeçait. Layah était assez fière d'elle. La carte semblait avoir un effet plutôt puissant, aussi cela ravissait-il la sorcière. Se laissant bercer par les cris de désespoir de son jouet, elle ouvrit le livre et commença à le feuilleter.

L'objet était un carnet noir, fermé par une attache de la même couleur. À l'intérieur, différents dessins étaient accompagnés de quelques lignes. Des runes. Layah avait fait quelques recherches sur les runes qui existaient, et sa mère l'avait aidée. Néanmoins, elle avait beau lire le carnet, aucune ne lui plaisait tant que ça. Aucune n'avait l'air de pouvoir lui être utile, ou même pratique. Elle mangeait lentement sa tranche de brioche en feuilletant doucement le carnet. Néanmoins, la fatigue la rattrapa vite, aussi posa-t-elle le tout sur une table près d'elle, bailla, et s'endormit lentement sur le canapé, les cris de Gritt en bruit de fond.



Ce furent les rayons du Soleil qui réveillèrent Layah le lendemain matin. Une journée ensoleillée se préparait, contrairement à la veille, et la Sorcière bailla longuement, se frottant au canapé le temps d'émerger de son sommeil. Néanmoins, elle releva vite la tête, agacée par Gritt qui continuait de hurler. Encore à moitié endormie, elle saisit pourtant un tissu plus ou moins propre et descendit à nouveau dans la cave.

En la voyant, Gritt essaya de se ruer sur elle. Il avait les yeux rouges et sa voix se brisait petit à petit. Ses poignets saignaient tant il avait tiré dessus. Layah ne fit néanmoins guère plus attention à lui, se dirigeant vers un coin de la cave où elle avait installé une grande bassine en fer du même genre que celle qu'avait Gritt, et qu'elle avait trouvé dans la bâtisse. Allumant le feu en dessous, elle alla chercher de l'eau avec des seaux et revint remplir la baignoire. À chaque fois qu'elle passait devant Gritt, celui-ci essayait de se jeter sur elle, intimement persuadé que la force de son envie arracherait les chaines du mur.

Pour Gritt, ce n'était même plus une question d'envie ou de plaisir. C'était vital. Il avait BESOIN que sa Maîtresse lui donne ce qu'il attendait. La carte de l'Amoureux renversée avait créé cette dépendance chez lui. Et s'il n'avait pas sa "came" dans les jours qui venaient... Il mourrait très certainement. Mais Layah avait très bien calculé tout ça. À peu près. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il ressente une telle douleur, ni qu'il en ait tellement besoin. Mais au vu de la dégradation de son moral et de son corps, trois jours étaient parfaits. En fait, elle doutait qu'elle puisse le forcer à se retenir au-delà sans qu'il meure.

La Sorcière commença à se déshabiller pour rentrer dans son bain, faisant bien attention à ce que Gritt la dévisage et regarde chaque partie de son corps. C'était sa punition. Et Layah prenait un plaisir fou à le faire enrager. Celui-ci tendait déjà les hanches vers sa Maîtresse, hurlant de ne pouvoir l'atteindre ou se soulager lui-même. Lentement, elle rentra dans la baignoire et immergea son corps jusqu'au cou en soupirant de bonheur. Même si l'eau n'était certes pas l'élément préféré des Sidhe, un bon bain chaud faisait du bien à tout le monde. Mettant les bras sur les bords de la baignoire, se soutenant ainsi, Layah ferma les yeux et commença à profiter du calme de la matinée. Ou tout du moins, elle aurait pu si Gritt ne hurlait pas à la mort. Elle fronça les sourcils doucement, et ses poings se serrèrent lentement. Elle atteignait sa limite. Soudain, le visage déformé par la colère, elle cria :

— FERME TA GUEULE ! FERME-LA OU SOIS SUR QUE JE VIENDRAIS TE TRANCHER LA GORGE, GRITT !

Plus que surpris, l'esclave sursauta de peur et se colla au mur, n'osant plus émettre aucun son. Layah le fixa, le regard dur et froid. Gritt tendit la main vers elle.

— Maîtresse, je...

— Tais-toi. Tout de suite. Ca ne fait que deux jours que tu es mon esclave Gritt, alors ne me fais pas regretter. Tu n'aimerais pas ça, je t'assure. Si JAMAIS tu arrivais à m'énerver un petit peu plus que je ne le suis déjà... Alors ne pas pouvoir culbuter mon derrière serait le cadet de tes soucis.

Gritt se laissa pendre, n'ayant plus aucune force. Il s'était définitivement mis sa Maîtresse à dos, et cela le rendait incroyablement triste. Des larmes perlèrent au coin de ses yeux avant de couler silencieusement sur ses joues. Il exécutait les ordres de sa Maîtresse : il n'émettait plus aucun bruit.

Layah, contente d'avoir pu le faire taire et de l'avoir calmé, leva la jambe pour la frotter avec du savon, pouvant enfin savourer la chaleur de son bain. Après s'être rendue toute propre, elle sortit, se sécha avec le tissu qu'elle avait ramené du salon, s'occupa de ses cheveux un moment et se rhabilla. Bien évidemment, chacun de ses gestes fut observé par Gritt, qui ne pouvait se résoudre à ne plus fixer et apprécier la beauté de sa Maîtresse. Enfin, sans lui jeter un regard, la rousse remonte à l'étage et laissa son esclave pourrir là, gémissant et pleurant.

De son côté, la Sidhe n'avait pas l'intention de rester toute la journée à rien faire. Elle était venue à Rivel pour une bonne raison et elle n'avait pas l'intention de repartir les mains vides.  Elle se souvenait encore comment elle avait claqué la porte du foyer familial, furieuse contre sa mère. Elle se souvenait de chaque mot que cette mégère avait prononcé. Et elle se souvenait parfaitement de comment elle l'avait traitée... Rien que d'y repenser, Layah serrait les poings. "Tu es incapable de devenir une sorcière. Regarde-toi, tu n'es même pas capable de rester consciente quand tu te coupes avec un couteau, comment penses-tu accomplir un rituel entièrement ?". Mais le sourire de Layah revint vite. Elle avait déjà un esclave. Et elle ne s'arrêterait pas là. Elle ne reviendrait à la maison qu'après en avoir un second, peut-être même un troisième, et qu'elle aurait trouvé quelle rune elle voulait se graver en dernier.

Elle mit son châle sur ses épaules, dissimulant la rune sur son bras, et sortit dans les rues de la ville. Aux yeux de tous, ça n'était qu'une jolie femme portant des habits un peu courts et déambulant dans les rues de la ville. Et c'était ça qui comptait. Personne ne pouvait se douter de ce qu'elle mijotait. Et, intérieurement, cela la faisait rire. Quelle bande d'idiots...

Se dirigeant vers la grande place, elle alla se balader entre les étalages du marché. Les gens criaient leur prix, se bousculaient, les enfants couraient et riaient. Layah, elle, regardait qui ferait une bonne proie.

— Hm, trop gros. Pas assez charismatique. Dégoûtante. Trop petite. Trop sale. Trop endormi. Pas assez de muscles. J'aime pas sa coiffure.

Jugeant ainsi uniquement sur le physique chaque personne qu'elle voyait, elle cherchait encore et encore la proie idéale. Soudain, elle remarqua un groupe de personnes encerclant un petit étalage. En s'approchant, elle entendit une jeune femme qui semblait surexcitée.

— Et le grand amour ? Est-ce que je vais le trouver prochainement ?

La voix était assez enfantine. Pourtant, Layah aperçut une jeune femme, d'une vingtaine d'années. Peut-être un peu plus. Elle avait de longs cheveux virant au rouge qui ondulaient jusque dans son dos, et un visage très fin. Elle paraissait très fragile, comme si un simple contact aurait pu la briser en mille morceaux. Elle paraissait très riche, du fait que ses vêtements étaient assez léger et donc faits d'un tissu cher. Elle portait un collier d'argent et plusieurs bagues à chaque main. Elle portait aussi un collier sur son front. Ses yeux étaient très bleus, et on pouvait difficilement les manquer. Et ils pétillaient. Cette jeune femme était surexcitée à l'idée d'entendre la réponse de la personne en face d'elle. Une femme, d'un âge plus mûr, portant des babioles sur tout le corps, emmitouflée dans des vêtements colorés. Agitant les mains au-dessus d'une boule de verre, elle répondit :

— Ouiii... Hm, je peux le sentir... Votre grand amour se trouve parmi cette foule de personnes ! Dans ce marché ! Ici même !

La jeune femme sursauta et se leva brusquement, regardant tout autour d'elle avec un grand sourire.

— C'est vrai ? Où ça ? Dites-m'en plus !

Layah eut un frisson de dégoût. L'attitude de la jeune femme la révulsait, et le spectacle auquel elle assistait n'était absolument pas de la divination. C'était même une insulte à son art.

— Oh, pitié, vous n'allez pas la croire, tout de même ?, lâcha la Sorcière.

Tout le monde se retourna vers elle. Layah se figea presque, ayant lâché ça instinctivement, sans y penser. La jeune femme la regarda avec un air intrigué, interrogative.

— Que voulez-vous dire ?

— Que tout ce qu'elle voit dans cette boule de verre, c'est son propre reflet, voire le votre. Aucune divination n'utilise de boule en verre, c'est de l'arnaque. Elle est juste en train de vous dire ce que vous voulez entendre pour que vous lui donniez la grosse bourse pleine de pièces qui est dans votre poche.

La "divinatrice" s'offusqua et répliqua :

— Ah oui ? Et qu'est-ce que vous en savez ? Vous êtes divinatrice ?

— Plutôt oui. Mais moi, je fais une réelle lecture de l'avenir.

— Et avec quoi, dites-moi ? Qu'on s'amuse un peu...

Layah sourit et son visage parut soudainement plus calme. La femme en face d'elle voulait la jouer provocatrice ? À ce jeu là, face à Layah, elle perdrait... La Sidhe sortit son paquet de carte de ses poches, et déplia les cartes dans sa main.

— Les cartes. Un paquet créé par moi-même, suite à plusieurs visions que j'ai eu.

— Vous avez eu des visions ?, s'étonna la jeune femme à côté d'elle.

— Evidemment. Comment voulez-vous lire l'avenir si vous n'en avez pas ? Et je peux vous dire que cette femme ment. Les visions sont toujours symboliques. Pas aussi précise qu'elle ne le dit. Le grand amour dans cette foule ? Elle dit ça uniquement parce que la moitié de la ville se trouve au marché à cette heure, alors elle prend peu de risques.

— Mais... Et vous ? Vous sauriez me lire l'avenir pour de vrai ?

— Hé ! T'essayes de me piquer ma cliente ma parole !, s'exclama la diseuse de bonne aventure.

Layah la regarda, un air hautain sur le visage, ainsi qu'avec un grand sourire.

— Les charlatans n'ont pas de clients. Seulement des pigeons.

Se retournant vers la jeune femme, en affichant un visage plus radieux et rassurant, elle fit :

— Bien. Je vous lirai volontiers l'avenir, et gratuitement, mais il me faut un endroit plus calme que celui-ci.

— Chez moi alors ! Je vous y emmènerais ! Venez !

Se faisant tirer par la main, Layah attendit que la jeune femme passe devant elle pour gratifier l'arnaqueuse d'un joli doigt d'honneur  avant de se laisser faire. La partie la plus éprouvante du voyage fut de sortir du marché, mais une fois que cela fut fini, les deux femmes marchèrent l'une à côté de l'autre, plus lentement. Aucune ne disait quoi que ce soit, et cela stressait un peu Layah, qui décida de briser la glace.

— Et vous vous appelez ?

— Aissa. Et vous ?

— Layah.

Le silence se réinstalla. Mais malgré ça, Aissa souriait. Elle semblait heureuse, et cela dégoûtait Layah. Comment pouvait-elle être heureuse alors qu'absolument rien ne se passait ? Une personne normale aurait eu le visage neutre, se contentant de marcher, mais elle... Layah eut un déclic. Oui, cette personne la dégoûtait en un sens. Et la Sorcière avait une envie pressante de la... Corrompre. De la modifier. Touchant le bout de ses cartes, elle se lécha les lèvres. Elle avait trouvé sa prochaine esclave...

Elles arrivèrent petit à petit dans les quartiers les plus riches de la ville. Les pavés devinrent mieux organisés, moins espacés, plus plats, et il devint agréable de marcher sur la route. Les maisons étaient elles aussi plus espacées les unes des autres, notamment à cause des jardins qu'elles avaient toutes, rendant ainsi les quartiers nettement plus ensoleillés que les rues plus pauvres. Et par cette journée avec un tel soleil, Layah dut presque mettre sa main devant ses yeux pour ne pas être éblouie. Aissa se dirigea vers l'une d'elles et poussa la lourde grille métallique qui délimitait le terrain de la rue. À peine l'eut-elle refermée derrière Layah qu'un homme approcha à grands pas.

— Aissa ! Que t'ai-je déjà dit à propos de trainer au marché seule ? Pour l'amour du ciel, prends un garde du corps avec toi !

— Père, je ne suis plus une enfant ! Laissez-moi tranquille, vous et votre psychose !

— Tout peut arriver et ta vie basculer en une seconde, jeune fille ! Je fais ça pour te protéger et éviter que tu... Invites des inconnus à la maison, notamment !

Il avait dit ça en dévisageant Layah de la tête aux pieds, celle-ci répondant par un petit signe de la main et un sourire joyeux. Si ça pouvait faire enrager cet homme, ça lui plairait quoi qu'il arrive.

— Nous ne sommes plus en guerre, Père ! Voulez-vous bien trouver un peu de repos pour une fois ? Détendez-vous et laissez-moi vivre ! Quant à cette inconnue, elle m'a évité des ennuis avec un charlatan, alors remerciez-la plutôt !

— Des ennuis ? Quels genres d'ennuis ? Quand je te disais que--

— Si je puis me permettre, l'interrompa Layah, les ennuis n'étaient que d'ordre financier. Aucun malheur n'allait arriver à votre fille.

— D'ordre financier, hein ? Et qui me dit qu'elle ne s'est pas jetée dans un piège plus grand encore ?

— Tout simplement, le fait que je ne la fasse pas payer pour le service qu'elle me demande.

L'homme la fixa longuement droit dans les yeux, mais Layah ne perdit ni son sourire, ni le regard de défi qu'elle lui lançait. Aissa n'écoutait même plus son père et était déjà partie en direction de la porte d'entrée pour pénétrer dans la maison. Son père sembla se détendre et sa voix baissa d'un ton.

— Excusez-moi. Vous n'aviez pas à subir ça. Je ne vous fais pas confiance, sachez-le, mais c'était malpoli de ma part de vous juger ainsi. Ma fille est un peu trop insouciante, voyez-vous. Elle me donne beaucoup de soucis.

Il avait commencé à marcher en même temps qu'il parlait, et Layah le suivait de près. En le regardant bien, c'était un homme plutôt charismatique. Il avait une cicatrice sur l'oeil gauche, aussi celui-ci restait-il fermé. Sûrement avait-il du le perdre durant la guerre, devina Layah grâce aux dires d'Aissa. Ses cheveux avaient tourné au blanc et était coupés courts, et son visage était carré. Lui-même, il était très grand et avait les épaules larges. Ses mains étaient énormes et ses bras semblaient puissants, tout comme ses jambes. Une vraie armoire à glace.

— Ne vous inquiétez pas. Les gens ne sont parfois pas ce qu'ils paraissent être.

L'homme lui jeta un regard inquiet suite à cette phrase, mais elle fit mine de ne pas le voir et pénétra dans la maison. Elle était immense, et tout était très chic. Bien mieux rangé et propre que la maison natale de Layah. Et c'est sûrement à cause de cela qu'elle ne s'y sentait pas très bien. Ca, ou le fait que la maison soit trop parfaite pour la nature Sidhe de la Sorcière. Malgré tout, Layah ne sentait pas ses pouvoirs décroitre. Juste un malaise à voir cette maison trop propre. Aissa vint la tirer par la main pour l'amener loin de son père, et s'enfermer seule avec elle dans l'une des pièces du rez-de-chaussée. C'était un petit bureau, avec juste un lit, une table et des chaises. Aissa s'assit à l'une d'entre elles, très gracieusement, et invita Layah à s'asseoir en face d'elle. S'asseyant lentement, Layah posa ensuite son paquet sur la table et commença à mélanger ses cartes. Longuement, fixant Aissa qui la regardait faire attentivement. La jeune femme était vraiment très belle. Le regard de Layah se posa sur sa peau blanche. Elle semblait douce. Fragile. Discrètement, Layah se mordit la lèvre inférieure. Quel plaisir elle prendrait à rougir cette peau... Mais pour le moment, elle lui ferait sa divination. Elle posa le paquet et demanda à Aissa de couper les cartes. Elle s'exécuta, et Layah déposa les cartes partout sur la table.

— Bien. Que voulez-vous savoir ?

— L'amour ! Je veux savoir quand je le trouverais !

— Dans ce cas, il va falloir que nous trouvions l'Impératrice ou le Soleil. Détendez-vous, laissez-vous posséder par le flot de l'avenir. Laissez-le guider vos mains. Quand vous vous sentirez prête, retournez les cartes une à une.

Aissa ferma les yeux et inspira profondément. Son torse se souleva de moins en moins vite. Elle calmait ses ardeurs. Layah en profita pour la dévisager. Elle était vraiment magnifique, et Layah l'enviait presque d'avoir ce corps. Quand la jeune femme rouvrit les yeux, sa main se dirigea vers une première carte et la retourna. L'Impératrice. Décidément, Layah avait du talent quand il s'agissait d'avenir. Elle savait d'ores et déjà comment elle allait procéder. Mais elle ne dit rien, et laissa Aissa retourner la seconde carte. Le Pendu. Et une troisième. Le Soleil. C'était trop beau pour que ça ne soit qu'une coïncidence. Layah saisit la main d'Aissa qui se dirigeait vers une quatrième carte, tout doucement, effleurant sa peau, la caressant presque.

— C'est bon. Nous avons déjà ce qu'il nous fallait. Vous avez tiré les deux cartes dans les trois premières cartes retournées... C'est impressionnant. Peut-être que votre arnaqueuse de divinatrice ne mentait pas totalement. Je ne sais pas où se trouve ce grand amour, mais je puis vous assurer que vous le trouverez dans la semaine.

— C'est vrai ?, s'étonna Aissa.

— Et bien, les cartes sont une science inexacte. Je ne sais pas si vous trouverez le GRAND amour. Ni même si vous le trouverez, en fait. Mais... Ce que je peux assurer, c'est que vous rencontrerez quelqu'un qui changera votre vie. De façon agréable, très certainement. Ou que vous verrez un homme qui vous plaira beaucoup. Au choix.

— C'est merveilleux..., soupira la jeune femme.

Layah commença à ramasser ses cartes, le temps que la jeune femme sorte de son fantasme qui avait commencé à germer dans son esprit. Elle tapa les cartes sur la table pour bien les ordonner, et les rangea dans sa poche.

— Bien. Mademoiselle, je vais vous laisser désormais. Je m'en voudrais que vous ayez des problèmes par ma faute.

La jeune femme releva la tête et se leva brusquement.

— Ah, oui, oui ! Venez, je vous raccompagne !

Layah se laissa guider jusqu'à la porte d'entrée, sous l'oeil méfiant du père d'Aissa, à qui elle fit un clin d'oeil. Elle fit un petit signe de main à Aissa qui lui ouvrit la grille, et s'en alla pour rentrer à la bâtisse abandonnée. Peu à peu, alors qu'elle s'enfonçait dans les quartiers plus pauvres, son visage radieux se transforma en rictus sadique. Elle avait hâte de rentrer. Elle dévala les marches vers la cave en arrivant. Gritt ne la regarda même pas, continuant à se morfondre. Layah se mit à sa hauteur, et saisit son visage entre ses mains. Gritt la regarda, espérant un quelconque signe affectif.

— Oh Gritt, mon petit Gritt... Tu vas me servir beaucoup cette fois-ci...

— Maîtresse ? M'avez-vous pardonné ? Pouvons-nous le faire ?

Layah fut cruelle pour le coup. Elle se mit à rire à gorge déployée, vraiment hilare.

— Mais non, enfin... Ne dis pas des choses comme ça. Mais si tu es sage et que tu réussis la mission que je te confierais... Tu vas peut-être pouvoir lâcher quelques unes de tes pulsions sexuelles sur un nouveau jouet.

— Mais je ne veux pas de ça, c'est de vous dont j'ai besoin !

Layah se releva, le visage désormais beaucoup plus dur.

— C'est ça ou rien du tout pour le reste de ta punition. Tu choisis.

— Non ! J'exécuterais tout ce que vous demanderez, Maîtresse ! Tout ce que je voulais dire...

— Je sais ce que tu voulais dire. Mais je suis toujours en colère, et je te donne une chance de me plaire à nouveau. Alors... Ne gâche pas tout.

Gritt secoua vivement la tête de haut en bas. Layah vint caresser ses cheveux, plus une torture qu'un soulagement pour l'homme, et le dévisagea longuement.

— Hm. Ma punition t'as salement amoché... Tu n'es pas bien de te mettre dans des états pareils. Aujourd'hui, on te remet en état.

Layah regarda dehors. Il devait être treize ou quatorze heures. Elle avait du temps devant elle. Elle lui expliqua d'abord la situation, en détail, et ce qu'elle avait prévu. Gritt buvait les paroles de sa Maîtresse, heureux qu'elle lui accorde à nouveau un peu d'importance. Et il comprit pourquoi il devait être remis "en état".

Layah le détacha et, étonnamment, Gritt ne tenta rien. Il avait bien compris qu'il devait se tenir à carreaux. D'abord, elle lui fit prendre un bain, et nettoya ses plaies. Néanmoins, celles-ci devaient cicatriser, et vu l'état des poignets de Gritt... Layah décida d'entailler les siens, et fit boire son sang à Gritt pour que cela le soigne légèrement plus rapidement. Demain, ces plaies ne seraient plus qu'une marque rouge.

Les vêtements de Gritt ne seraient pas un soucis. Aissa avait l'air de rechercher activement l'homme de sa vie, aussi ne serait-elle sûrement pas regardante pour son statut social. Mais il fallait au moins que Gritt soit présentable. Et la tâche ne fut pas facile. Layah n'avait jamais trop remarqué, mais il avait des tâches de terre un peu partout. Sûrement qu'il ne se lavait pas correctement auparavant, vu qu'il devait toujours sortir et qu'il n'avait pas une salle de bain très chic... Malgré qu'elle soit tout aussi restreinte niveau matériel, Layah frotta fortement Gritt, qui avait plusieurs tics nerveux, se retenant au maximum de ne pas sauter sur sa Maîtresse. Au final, Layah passa l'après-midi à laver Gritt entièrement, le laissant tout de même s'occuper lui-même de ses endroits intimes. Quand ils eurent fini, Layah étala un grand drap qu'elle avait lavé l'après-midi pour ne pas que Gritt dorme dans la poussière afin de gagner du temps le lendemain matin. Celui-ci enfila juste son bas pour dormir. Avant de remonter dans le salon, Layah le regarda s'allonger sur le drap. Il avait été sage toute la journée. Elle remonta tout de même et s'allongea sur le canapé. Le lendemain, s'il s'en sortait bien... Peut-être lui donnerait-elle une récompense.



Elle se réveilla très tôt, se forçant à se lever dès que les premiers rayons de soleil vinrent lui taquiner le visage. Encore endormie, elle força Gritt à se lever, se laver et s'habiller. Puis, elle le jeta pratiquement dehors avec ordre de trouver et charmer Aissa. Elle lui avait faite une description la veille, et ajouta qu'il ne devait pas se lâcher sur quelqu'un en route. Gritt hocha de la tête. Layah lui faisait confiance, mais si jamais il lui désobéissait... Ca irait très mal pour lui. Et l'homme le savait, aussi partit-il sans aucune autre pensée que son objectif. Layah ne fit que l'attendre pour éviter d'être vue. Mieux valait prévoir ses arrières que d'aller fouiner et risquer de tout foutre en l'air.

Gritt revint le soir. Layah n'eut même pas besoin de lui demander comment ça s'était passé. Elle comprit tout de suite. Dans sa main, Gritt tenait le collier qu'elle portait sur le front.

— Elle veut me revoir demain sur la place. Je l'ai trouvée se baladant dans des rues commerciales, comme si elle cherchait quelque chose. Je l'ai abordée en faisant mine d'être perdu, et en me voyant, elle s'est figée et a commencé à bégayer. J'ai été gentil avec elle, Maîtresse, et je lui ai fait des sourires. Elle m'a juste saisi le bras sans parler, en rougissant, et elle m'a mené jusqu'à la place du marché. Elle a passé l'après-midi avec moi et nous avons beaucoup ri en regardant les produits.

— Et bien, et bien..., fit sa Maîtresse en tournant tout autour de lui. Tu t'es bien amusé ? Un vrai petit rendez-vous... Elle t'aime bien ?

— Je crois, oui. Elle ne m'a pas lâché le bras de l'après-midi. Parfois, elle se serrait encore plus contre moi.

— Et toi ? Tu l'aimes bien ?

— Seule ma Maîtresse compte à mes yeux.

Layah eut un petit rire et se pendit au cou de Gritt, regardant l'homme, un peu plus grand qu'elle, dans les yeux. Elle y voyait du stress. Il paniquait. Son coeur battait la chamade. Il ne mentait pas, ni ne cachait quoi que ce soit. C'était elle qui lui faisait peur, avec son attitude. Et elle adorait ça. Elle déposa un léger baiser sur ses lèvres, le lâcha, enleva son débardeur et s'assit sur le canapé, torse nu.

— Viens. C'est ta récompense.

Gritt ne se fit pas prier. Il se jeta sur la poitrine de sa Maîtresse pour venir la masser et la lécher.

— Tu n'as le droit qu'à ça ce soir, comme tu t'es bien comporté.

— Juste votre poitrine ?

— Juste ça. Des léchouilles, des caresses et des baisers. C'est tout.

Gritt grommela un peu, déçu, mais ne fit aucune objection construite, trop heureux de pouvoir tout de même toucher sa Maîtresse.



Le lendemain, Gritt alla chercher Aissa. Pendant ce temps, Layah alla préparer la cave. Gritt avait une consigne : la ramener le soir seulement. Ca ne devrait pas être trop dur. Layah se trancha le poignet d'un coup sec et traça un cercle similaire à celui qu'elle avait tracé chez Gritt. Elle mit un peu de son sang dans un contenant qu'elle plaça plus loin, et traça délicatement un dessin sur un bout de papier. La carte réservée à Aissa.

La nuit commençait à tomber. Layah s'était gavée toute la journée afin qu'elle fasse une certaine réserve de sang et qu'elle puisse tenir le choc des prochains jours. Quand elle entendit Gritt arriver, elle se précipita à la cave, sautillant comme une puce.

— Etait-ce ici que tu voulais m'emmener, Gritt ?

La voix était celle d'Aissa. Au moins, Gritt ne s'était pas trompé.

— Pas exactement. C'est au sous-sol, viens.

L'homme avait pris une voix mielleuse. Layah riait intérieurement. Il était doué, le bougre... Aissa fut la première à franchir la porte. Layah avait installé des bougies pour éclairer la salle, aussi la jeune femme ne remarqua-t-elle pas tout de suite la Sidhe. Gritt eut le temps de fermer la porte lentement quand Aissa la vit.

— Vous... Vous êtes...

— Gritt, maitrise-la.

Vivement, l'homme plaqua sa main sur la bouche de la jeune femme et entrava ses mouvements de son autre bras. Aissa essaya de hurler, se débattant comme une démente. Layah s'approcha d'elle, stockant le sang qu'elle avait versé plutôt dans sa bouche, pinça son nez et la força à ouvrir la bouche. Là, elle versa ce qu'elle gardait quasi-directement dans la gorge de la jeune femme, qui ne fut que contrainte à boire le sang de la Sorcière. Une fois cela fait, elle lui tapa un peu sur la joue.

— Ca ne te rendra pas dépendante, vu que tu n'étais pas consentante, mais... Ca me servira plus tard.

Elle l'embrassa sur l'endroit où elle l'avait tapoté et se retourna.

— Gritt, tiens-la au milieu du cercle.

L'homme s'exécuta et Layah sortit le bout de papier pour le coller sur le front de la jeune femme. La carte représentait un homme, accroché au plafond, la carte placée à l'envers.

— À présent, je te place sous la carte du Pendu renversée !

Elle fit signe à Gritt de maintenir la carte sur son front comme elle lui avait fait lors de sa propre corruption. Il s'exécuta et Layah se plaça à genoux sur le bord du cercle tracé au sol. Gritt restait là, une main sur la bouche de la jeune femme, l'autre maintenant la carte sur son front. La Sorcière regarda un peu celle-ci, appréciant un peu sa beauté avant que le rituel ne commence. Elle portait encore des vêtements très légers. Mais cette fois-ci, ils laissaient en voir un peu. Elle avait du vouloir charmer Gritt... Ses jambes étaient apparentes, sa robe passant seulement devant et derrière son corps, laissant apparaitre gracieusement ses flancs. Le haut de celle-ci se fendait pour laisser apparaitre la généreuse poitrine de la jeune femme. Quant à son visage, il était déformé par la peur et la tristesse. Elle pleurait déjà à chaudes larmes, même si elle n'avait sûrement aucune idée de ce qui allait lui arriver.

— Gritt ? Tu as fait du très bon travail. Je suis fière de toi. Tu peux faire ce que tu veux à cette jolie jeune femme.

Gritt sursauta presque.

— Ce que je veux ?

— Tout ce que tu veux. Absolument tout. De toute façon, elle n'a pas son mot à dire, alors amuse-toi. Fais-lui tout ce dont tu as rêvé de faire un jour à une femme. Ma seule condition, c'est qu'il faut que tu gardes la carte collée sur son front. Pendant quelques jours. Tu penses tenir ?

— Oui, Maîtresse !





Le lendemain matin, Aissa se réveilla. Elle aperçut Layah et Gritt, nus, devant elle. Si l'homme dormait, ça n'était pas le cas de la Sorcière. Et celle-ci lui tendit les bras. Aissa rampa doucement, toujours nue elle aussi, jusqu'à sa nouvelle mère, et vint se blottir contre sa poitrine.

— Maîtresse...


Layah Thorvaldson
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