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Le navire fantôme



 

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 Le navire fantôme

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MessageSujet: Le navire fantôme   Sam 25 Oct - 11:06

C'était une légende que se transmettaient les marins. On n'en avait jamais vu depuis la fin de l'ancien monde mais visiblement les légendes de jadis avaient traversé le temps quand il s'agissait d'horreur. Accordant son luth, vérifiant que le bois enchanté et les cordes faites de résidu d'Opra avaient bel et bien survécu à l'eau de mer, Eden était assise sur un des tonneaux de pomme quand le capitaine du bateau l'ayant repêché en mer avec le reste des survivants vint vers elle. Elle releva ses yeux clairs sur le marin, remarquant ses galons et comprenant qu'il s'agissait surement du chef du bâtiment. Reposant son luth, elle commença donc par sourire et attendit qu'il lui dise ce pourquoi il venait vers elle.

Le capitaine espérait qu'il n'allait pas faire protester la dernière comme les quatre autres. les trois hommes avaient râlé et il avait fallut les remettre en place et leur donner du travail pour qu'il se taise. La femme qui geignait et pleurait trop avait été envoyée aux cuisines, ainsi elle ne casserait les oreilles que du cuisinier. Mais la dernière faisait bande à part... et plus il s'approchait d'elle plus il la trouvait différente, comme... habituée. Elle n'était pas aussi secouée que les quatre autre à avoir été secouru après la tempête. Eux cinq qui dérivaient étaient les seuls rescapés, ils avaient passé deux nuits et une journée pleine à dériver sur des morceaux de l'ancien navire mais elle ne semblait pas desséchée ni fatiguée d'avoir bu encore et encore la tasse. On lui avait expliqué qu'elle-même n'avait pas de bout de bois pour la soutenir lorsqu'ils l'avaient trouvé et cela le laissait perplexe. Des rumeurs de sirènes commençaient à naitre auprès de ses hommes et il était bien décidé à y mettre un terme. Mais en arrivant près de la belle, entendant ses murmures pour régler son luth aux bonnes intonations, il dégluti. C'était vrai qu'elle était belle... Se reprenant, il tenta de parler d'une voix neutre et distante pour dissimuler son intérêt naissant. Mademoiselle, je vais vous dire comme aux autres rescapés... Malheureusement nous ne pourrons pas tout de suite vous déposer sur la terre ferme. notre mission était d'aller surveiller les rives des Aos Sidhes depuis la mer et comme ceux-ci détestent l'eau vous ne risquez pas un risque majeur. Vous cinq resterez donc en notre compagnie le temps que nous retournions dans le nord. Soyez assurée que nous ferons au plus vite mais en attendant j'ai donné du travail au quatre hommes. Ils m'ont dit que vous étiez une sorte de... - Barde ? Musicienne ? Coupa la jeune femme, le faisant sursauter. Elle avait une voix douce et enchanteresse, ce qui l'inquiétait pour la suite. Les superstitions sur les femmes à bord, ce genre de choses...

Exactement. Finit-il, un sourire doux et franc aux lèvres. Je vous demanderais d'aider aux cuisines durant les heures de repas si vous le voulez bien mais si vous acceptiez durant vos heures de pause de jouer quelques rythmes joyeux... je veux dire. Mes hommes restent peu jouasses de descendre vers le sud, vous comprendrez... je suppose ? Murmura-t-il sur la fin, visiblement assez embarrassé. Une femme à bord était jouable mais là il y en avait deux et eden sortait du lot. Il n'était pas le seul à l'avoir remarqué et comme tout loup de mer, ne savait donc quoi ajouter d'autre pour attirer son attention. Pas de problème. Répondit-elle doucement, se forçant à sourire alors qu'elle accusait le coup de devoir se rapprocher du continent maudit. Elle se remit à accorder son luth, sachant d'emblée qu'elle allait devoir faire des efforts et ne pas jouer de mélodie triste, bien qu'elle adorait cela. Le capitaine du bâtiment dégluti, tenta de dire quelque chose mais finalement rebroussa chemin.

La belle n'était décidément pas très sociale, et n'avait pas ou ne voulait pas remarquer qu'elle lui plaisait. Elle avait toujours été indépendante et avait apprit à se faire rapidement aux changements de situation. Elle survivrait en fuyant par les eaux si ces hommes essayaient n'importe quoi mais ces corsaires semblaient disciplinés. Semblait-il qu'ils venaient de Pandora... Leur discipline l'étonnait d'un coup bien moins. La seule cité humaine digne de ce nom hors de l'influence néphelym était si droite et carré qu'aucun marin à bord n'aurait osé même aussi loin des berges du continent du milieu, se dérober aux ordres. Elle releva la tête, croisant ses bras sur son genoux replié et sourit en observant le dos du capitaine. Il était bel homme, malgré son âge avancé.


- - - - - - - - - - - - Quelques jours plus tard :

Il faisait nuit. Ce genre de nuit où les nuages sont trop fins pour influencer la clarté de la lune et passent dessus sans étouffer sa lumière. Dressée haut dans le ciel, la lune éclairait la mère d'une lueur diaphane qui retombait avec noblesse sur le corps de la jeune femme. Jouant ses musiques les plus gaies, même Eden avait finit par se prendre au jeu et un sourire franc et des rires sortaient parfois de sa bouche. Dansant tout en jouant de son luth, elle tourbillonnait et se cambrait sans la moindre gêne d'envouter plusieurs esprits. Ils étaient là pour passer un bon moment, elle n'avait pas envie de dissimuler sa joie de vivre pour une fois. La nuit aurait pu être aussi limpide tout du long si la vigie n'était pas venue hurler qu'ils avaient de la compagnie.

Tous se regardèrent, blêmes. ils approchaient des terres du Cratère, ils savaient donc très bien ce que cela risquait d'être. le capitaine essaya tant bien que mal de discipliner ses hommes mais les naufragés hurlèrent qu'ils allaient tous mourir, la jeune femme près d'Eden se remit à pleurer et elle-même ignora les ordres du chef de bâtiment pour monter au mat et aller voir ce qu'il en était : à l'horizon un navire se détachait malgré les ombres, grâce aux reflets de la lune. Il leur fonçait droit dessus et venait du sud. La vigie la regardait, l'air de chercher à comprendre comment elle avait fait pour grimper si vite et la jeune femme l'ignora pour redescendre avec la même aisance, usant de son don de gravité pour s'alléger une nouvelle fois. Le capitaine lui était entrain de mettre ses hommes en position et tentait déjà de faire demi tour avec le bateau. Rien que l'information que les sidhes pouvaient avoir des navires était cruciale. C'est peut-être un navire de Rivel, qui remonte et fuit les Aos-sidhes ? Murmura un marin, essayant de se réconforter. Mais Eden grimaça et le capitaine qui l'observait lui demanda son avis. Vous avez dit qu'on était à l'ouest du cratère, non ? Aucun navire de Rivel n'est assez conséquent pour arriver jusqu'ici : au contraire, ils font comme le nôtre et laissent des naufragés en mer sur les grande distance. Cela murmura de toute part. Mais tous savaient que c'était vrai : Rivel n'avait clairement pas la puissance nautique pour un tel trajet. Faites demi-tour. On fuit cet endroit, mission abandonnée.

Les corsaires ne se firent pas prier et se mirent tous avec une rapidité assez surprenante à exécuter les ordres pour faire faire demi-tour au navire. mais est-ce que cela serait suffisant ? Eden se tourna vers l'autre bâtiment qui semblait étonnamment rapide. On disait que les aos sidhes avaient conservé des connaissances du passé : plus que les humains et néphelyms... Si c'était vrai ils les rattraperaient. Elle ne demanda pas son reste et alla du coup tenter de se trouver une planque. Elle en trouva une à fond de cale, dans ce qui aurait du être une planque de contrebande. Si ils survivaient, elle poserait des questions au capitaine mais pour l'heure elle  se faufila malgré les sacs, si fine qu'elle était pour parvenir à ensuite se tenir voutée et les jambes contre elle dans la planque, derrière ces mêmes sacs. Son luth caché à ses côtés, elle entendit les cris, senti les secousses et su qu'on les avait rattrapé. Une voix féminine cria alors dans la pièce sous laquelle elle se dissimulait. elle entendit la jeune femme pleurer et n'essaya pas de l'idée, tirant les sacs à elle pour faire en sorte qu'ils la dissimulent sans laisser penser qu'il y avait un truc derrière.

La jeune femme descendit dans la pièce dissimulée où elle était et chercha elle aussi une planque de contrebande... mais lorsqu'elle essaya de se faufiler, tirant un sac, elle croisa le regard d'Eden et blêmit. Eden, tout aussi peureuse que la jeune femme préféra sa propre survie à celle de la demoiselle qui risquait de toute les deux les faire prendre et empoigna le sac, le remit à sa place alors que la jeune femme hurlait qu'elle ne voulait pas mourir et  tentait de rentrer dans la cache en s'y cramponnant. Ses hanches ne passèrent pas et bientôt elle cria lorsque des sidhes la tirèrent en arrière. Eden elle ferma les yeux et espéra fermement qu'on ne la cherche pas derrière les sacs. Son cœur tambourinait dans sa poitrine, lui rappelant la frousse ressentie des jours durant après sa rencontre avec Layah la sorcière... Avec un peu de chance, ils feraient couler le navire sans la trouver et elle survivrait. juste un peu de chance... il lui fallait juste ça.











Eden L. Nikolaiev
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MessageSujet: Re: Le navire fantôme   Sam 25 Oct - 20:30

Après sa mission qui, selon les autorités compétentes, avait été un succès - lui savait bien que c'était un échec monstrueux - Sieg avait hérité d'une autre tâche du même ordre - à savoir asseoir la puissance militaire des Aos Sidhes sur le monde et affirmer la volonté d'Eresis dans chaque demeure existante. Et le premier et plus grand de ces territoires inexplorés était l'océan.

Il y avait bien entendu une raison. Aucun Sidhe n'aimait s'approcher de l'eau, leurs dons de corruptions en étant grandement troublés - pour ne pas dire inopérants - et Sieg savait que parmi les hommes qu'on lui allouait, certains, si ce n'était la plupart, étaient chargés de le surveiller. C'est pourquoi il avait choisi l'océan. Certes, son pouvoir de corruption ne marcherait pas en mer, à moins qu'il trouve un moyen de régler le problème. Mais il avait toujours préféré tuer ses ennemis, sauf en de rares occasions. Et ces occasions n'avaient pas portés leurs fruits, ce qui le confortait dans ses opinions.

Cependant, les hommes de l'Etat-Major et lui étaient en désaccord sur ce point. Et comme ils ne pouvaient le quitter, ils étaient obligés de le supporter. C'était une bien maigre vengeance, mais Sieg n'appréciait pas de tuer ses propres hommes - et ne pouvait de toutes façons pas tuer de soldat sans pouvoir prouver que c'était un traître - alors il dut s'en contenter et éteindre sa rage en cognant les quelques prisonniers qu'ils avaient au cratère.


Il avait donc pris avec lui quelques scientifiques et avait installé un camp de base sur la côte, où ils avaient toute latitude pour expérimenter et développer le tout premier chantier naval Sidhe - et, si son plan marchait, sûrement pas le dernier - en toute tranquillité. Sieg avait fait installer, un peu à l'écart, une sorte d'immense entrepôt, dans lequel il menait un projet dont seul lui et les deux scientifiques qui l'assistaient connaissaient la teneur. Certains, s'ils auraient été au courant, auraient pu prendre cela pour une hérésie. Ou vendre la mèche. Mais lui....Sieg était un prêtre. Il savait quand Eresis désapprouvait quelque chose - comme avec leur mission dans la forêt - et de surcroît, il était un soldat gradé, avec une volonté d'acier. Littéralement . Alors pour ce qui était de vendre la mèche...Autant demander à un Néphel de se marier avec l'empereur.

Dans l'entrepôt, le prototype était presque fini. Ce n'était pas très impressionnant, pour un profane, mais lui savait ce que représentait ce qu'il avait sous les yeux. C'était une petite machine en métal, de la taille d'un pain de C4 moyen, entièrement lisse, sauf à un endroit, d'où sortait un anneau. Anneau qui tournoyait autour d'un fragment de météorite. De LA météorite. Sieg apostropha les deux techniciens, désignant l'engin étrange.

- C'est terminé? On va pouvoir le tester?

- Oui. Il ne manque plus qu'à l'activer et nous devrions pouvoir corrompre les Néphelyms et les humains montant à bord.

Sieg eut un sourire sinistre à ces mots. Certains n'allaient pas aimer ça. Mais la plupart verraient les possibilités d'une flotte entière de vaisseaux pourvus de ce petit système. Et les prêtres accueilleraient sans doute d'un bon œil celui qui avait permis à l'oeuvre d'Eresis d'être absolue - air, terre, et eau. Il fit signe aux deux hommes de le suivre, les regardant emballer cette adorable petite chose avant de se diriger vers le chantier de construction proprement dit.

Quand ils arrivèrent, ils eurent une mauvaise surprise. Le travail n'avançait absolument pas à la vitesse prévue. A vrai dire, avec tout ceux qui y travaillaient, il aurait du être fini en avance. Là, il sentait que dans dix ans, ils en seraient toujours au même point. Il ne tarda pas à trouver l'explication. Un des espions - ou peut-être plusieurs, mais un seul lui suffirait - avait décidé de saborder le boulot. Histoire de le discréditer à jamais, sans doute. Peu importait. Il trouva cet individu abject en train d'haranguer les ouvriers. Un rictus haineux s'afficha sur sa figure. Il allait enfin pouvoir s'amuser!

Il se dirigea vers le Sidhe qui, plongé dans son discours, ne le remarqua que trop tard. Au moment où il voulut s'enfuir, Sieg avait déjà forcé le canon de son pistolet dans sa bouche. Il passa derrière lui et le mit à genoux, libérant son orifice buccal.

- Messieurs, j'ai le plaisir de vous présenter un authentique traître ! Voyez-vous, cet homme içi présent a voulu aller contre les volontés du conseil - et plus important, contre la volonté d'Eresis - et détruire votre travail.

Il marqua une pause. Il savait quoi dire. Il s'était assuré d'être le seul prêtre ici, et son charisme inégalé lui assurait de pouvoir manipuler cette foule comme il l'entendait. Il continua à instiller la puissance de la Déesse dans sa voix, tissant un charme dont le point focal était sa colère.

- Cet homme, que dis-je, ce chien, a voulu ruiner nos chances d'établir l'emprise de la Vénérée Eresis sur le monde. Cette bête immonde a par là même voulu donner la victoire aux  Nephelyms. ( Et Sieg mit tout le dégoût et la colère qu'il pouvait dans ce mot unique, faisant gronder la foule.) Mais, grâce à Elle, j'ai pu démasquer ce déchet et mettre un terme à ses agissements impies et indignes d'un Sidhe. Mais, je vous laisse une voix. C'est vous qu'il a trompé, trahi, et manipulé. C'est vous qui avaient été les victimes de la fourberie de ce chien de ceux d'en-haut. Alors, c'est à vous que revient le droit de le juger. Alors, mes loyaux amis, quel sera votre verdict ?

Les hommes étaient bouillants de rage, il pouvait presque la voir. Il savait déjà quel serait le verdict. Après tout, il avait lui aussi manipulé la foule pour leur faire dire ce qu'il voulait.

Aux cris de " La mort! La mort!", Sieg sourit et le traître pâlit encore plus qu'il l'aurait cru possible pour un Sidhe. Sieg fit signe à tout les travailleurs qu'il avait entendu, et qu'il allait s'en charger. Tous tournèrent leur regard brûlant de colère vers l'estrade. Sieg pointa son arme sur la main de l'espion, découpant un magnifique trou dans sa paume. Ses hurlements le réjouirent au plus haut point. Il attrapa le couteau qui pendait à la ceinture de sa victime et le pointa vers les spectateurs.

- Alors, que dois-je couper en premier?



- Ce sale chien n'a eu que ce qu'il méritait. Et chaque traître en recevra au moins autant de ma part. Maintenant, retournez au travail. Moi et eux deux viendrons vous prêter main-forte afin que nous puissions prendre la mer le plus tôt possible.

Il n'avait pas eu besoin d'insuffler son pouvoir dans ces mots. Son travail avait rempli son office à la perfection. Il aurait juste aimé que le sujet soit plus endurant que ça, pour faire durer encore un peu le plaisir. Mais bon. Il aurait d'autres occasions de se détendre, une fois le travail achevé.



Quelques temps plus tard, Sieg ne savait pas combien exactement, le vaisseau - le tout premier vaisseau capable de voguer sur mer de fabrication Sidhe - était enfin terminé. Ils avaient eu quelques problèmes avec la propulsion, ne disposant pas de marins chevronnés qui pourraient utiliser les voiles, et n'ayant pas assez d'hommes pour être efficace à la rame. Ils avaient donc, grâce aux scientifiques qu'il avait embarqué, imaginé un ingénieux système de propulsion énergétique, en fait une adaptation des moteurs des véhicules qui leur servaient à transporter le gros matériel et les armes les plus lourdes. Le design général du navire, avec les deux gros propulseurs à l'arrière, faisait penser à un mariage entre un monstre marin difforme et une caravelle démâtée. La proue avait été pourvue d'une sculpture de roche et de métal, incroyablement résistante, qui servait d'amplificateur au champ de la fameuse boite - la boite Eresienne - et accessoirement, qui effrayerait n'importe qui. Elle représentait la Mort en personne, comme dans les temps anciens, la Grande Faucheuse, armée de sa faux et vêtue de sa cape, au regard sinistre rendu rouge sang par l'artefact. Un digne vaisseau de guerre Sidhe.

Ils avaient déjà effectués quelques essais, mais aujourd'hui, c'était le test final. Un voyage en haute mer, un long voyage. Le baptême officiel de leur bébé. Ils avaient été ravitaillés hier, et avaient veillés à ne rien dévoiler à personne. Et aujourd'hui, enfin, l'Asmoday - du nom d'un prince démon ancien - était prêt à prendre la mer.

Sieg supervisait l'embarquement. Il avait été nommé capitaine au vote, chose rare chez les Sidhes, étant donné que les prêtres peuvent influencer les sentiments des électeurs. Et Sieg ne s'en était sans doute pas privé, mais on ne le saurait jamais. Une fois l'équipage à bord, il fit un signe aux hommes restés à terre pour qu'ils ouvrent les portes de la cale sèche, laissant l'eau s'engouffrer jusqu'à atteindre la ligne de flottaison, astucieusement calculée pour pouvoir tirer en toute sécurité -même si ce modèle ne pouvait être équipé de canons.

Sieg avait pris son poste dans sa cabine, devant la barre -enfin, la barre, plutôt un système de navigation estampillé technologie sidhe - qu'il avait appris à manier au cours de leurs précédents essais. La cabine se trouvait juste au-dessus de la salle des machines, et par conséquent des propulseurs. Le bateau, à la silhouette effilée, était vraiment effrayant, malgré que le mélange entre des images d'archives de navires en bois et la technologie sidhe et son utilisation immodérée du métal put paraître étrange. Et, jusque là, il filait à une allure plus qu'honorable. Sieg n'avait même pas encore poussé les moteurs à fond.

Le voyage dura quelques semaines. Sieg allait donner l'ordre de rentrer au port quand, alors qu'il se recueillait dans la petite chapelle à la proue, on lui signala un bâtiment ennemi. Le test ultime. S'ils arrivaient à arraisonner ce vaisseau sans trop de souci, alors le succès serait au-delà des espérances de tout le monde, même de lui. Il enfila rapidement son uniforme, attrapa son arme et se rendit sur le pont. Son second était aujourd'hui à la manœuvre, Sieg voulant former assez d'hommes pour pouvoir établir la puissance militaire des Sidhes sur les mers.

- Messieurs, ce navire nous est envoyés par Eresis ! Si nous réussissons cette épreuve, alors cela signifiera que nous avons Sa bénédiction et que tout ces lâches et ces traîtres étaient dans le faux! Messieurs, si nous vainquons aujourd'hui, alors nous serons acclamés à notre retour! Pour Eresis, et pour la gloire !

Sur un équipage majoritairement composés de guerriers, son petit discours fit mouche. La clameur montant du pont supérieur rappelait à Sieg le champ de bataille. Il reprit les commandes et donna l'ordre de rattraper la cible, quitte à utiliser la pleine puissance des engins. Dans un rugissement infernal, le vaisseau sidhe bondit sur les flots et rattrapa sa proie en quelques minutes. Chaque membre de l'équipage se tenait prêt, arme au poing, enfoncé dans leur uniforme, casqué et le doigt sur la gâchette. Sieg choisit de prendre une précaution supplémentaire. Laissant le contrôle à son second, il se plongea dans un état de méditation et utilisa son don de projection.

Il arriva sur le pont du bateau ennemi. Il ne pouvait pas rester longtemps, aussi se contenta-t'il d'effrayer l'équipage et d'estimer rapidement le nombre d'adversaires. Il revint à lui alors qu'il ne restait que quelques mètres avant l'éperonnage, déstabilisé par son voyage dans un lieu qu'il ne connaissait pas vraiment et ne pouvait donc pas visualiser parfaitement. Il fit ralentir son bâtiment afin de ne pas fendre l'ennemi ou abîmer la figure de proue, et quand il sentit le choc des deux coques, il sortit à l'air libre. Comme il le pensait, sa vue suffit à faire trembler les marins après sa petite visite surprise.

- Pour Eresis, et pour la gloire!

Sur ce cri de guerre, repris en cœur par ses hommes, ils abordèrent le navire ennemi. Ce fut un véritable carnage. Le bois du pont détrempé ne pouvait pas absorber plus de sang. Les Sidhes pataugeaient dedans. Les corps étaient démembrés, piétinés. Aucun des siens n'avait subi de blessures graves. Lui-même n'était même pas égratigné. Cette opération était un vrai succès. Il rit en pensant à la tête de l'Etat-major quand ils sauraient. Un rire démoniaque, tout droit sorti des enfers. Même ses hommes frissonnèrent.

- Bien. Bon travail, messieurs. Pillez-moi ce tombeau et on rentre. Et si vous trouvez des passagers, gardez-les en vie. Le voyage de retour sera plus long, je ne veux pas trop pousser les moteurs tant qu'on est pas absolument sûr que c'est sans risques. Compris? Dispersion !

Sieg descendit dans la cale avec les autres. Il n'y avait de toute façons rien à surveiller sur le pont, et leur navire était occupé par les blessés. Et leur loyauté lui étaient assurés. Sinon, il ferait exploser le navire, les coulant tous. Et il le leur avait bien fait comprendre. Il lui suffirait de se projeter dans la salle des machines et d'en donner l'ordre à son second.

Ses hommes trouvèrent une femme, qui essayait semble-t'il de se cacher derrière des sacs. Ils l'emmenèrent jouer avec eux plus loin. Lui resta ici. Il n'était pas né de la dernière pluie. Ces sacs ne pouvaient pas lui servir d'abri convenable. Il devait donc y avoir autre chose. Il fit un signe à certains de ses soldats inoccupés pour qu'ils transportent tout ça à leur bord. Si c'était dans les sacs, ils l'auraient, si c'était derrière, une fois que tout serait déblayés, il le verrait. Sieg s'assit là, attendant que le travail soit fini. La proue de son navire s'était empalée de l'autre côté, quelqu'un avait donc parfaitement pu se cacher ici dans l'espoir de passer par le trou une fois qu'ils auraient le dos tourné et de se cacher à son bord. Et bien, c'était raté. Qui que soit cette personne, et où qu'elle soit, elle devrait passer devant lui pour atteindre la figure de proue.


Sigurd Thorvaldson
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MessageSujet: Re: Le navire fantôme   Sam 25 Oct - 21:50

Après un soupir elle ferma les yeux, restant silencieuse. les yeux clos, le dos contre la paroi interne de la coque du bateau elle écoutait les cris d'horreur et les pleurs. Elle entendait les raclements d'ongle de la femme sur le bois, surement les avait-elle laissé planté dedans pour tenter de s'arracher à l'emprise d'un sidh. Elle les entendait rire, elle entendait qu'on se battait pour elle. Avait-elle simplement utilisé cette futile dispute pour fuir ? Il suffisait parfois d'une seconde... Mais à la plainte hurlante, ils l'avaient eue et à la plainte étouffée, pas qu'une seule fois. Une voix plus posée et assurée que les autres demandait de fouiller... derrière les sacs. Sa poigne se raffermit sur son luth, alors que son cœur tambourinait dans sa poitrine. La peur la rendait faible. SI elle avait pu arracher les paris de bois et fuir dans la mer elle l'aurait fait. Elle entendit encore et encore les cris saccadés par des mouvements peut-être trop violent. Elle prenait cher, mais surtout elle prenait à sa place. Eden n'avait aucune envie de subir cela. Elle voulait vivre... Pas mourir. Alors elle prit son luth comme on prend une rame, redressant la coque de bois dans la direction des sacs les plus susceptibles d'être retirés en premier lorsqu'on attendrait sa hauteur... On criait joyeusement qu'il y avait des gemmes et des pierreries dedans puis une main retira enfin un sac la séparant de ses ennemis. Eden vit une tête apparaitre, regardant la coque de bois et laissant glisser son regard du bois à la main blanche, au bras fin, à l'épaule frêle et au visage effrayé. Les yeux ronds comme des soucoupes, le sidh n'eut pas le temps d'hésiter; Il se mangea violemment le luth dans la figure quand Eden détendit ses bras avec force et son nez se fracassa contre le bois sans même que celui-ci ne s'abime. Ça restait un luth enchanté avec de l'opra et fait dans le cœur d'un arbre de la forêt d’émeraude : oui, il était dur.

Eden pensait avoir à attaquer plus que ça le sidh mais il s'écroula dans un bain de sang, la flaque devenant de plus en plus grande : elle avait peut-être visé mieux que prévu. Mais elle eut le malheur de redresser le visage et croisa le regard d'un sidh, au loin. Il avait des cheveux noirs et longs et lui flanquait une frousse comme jamais elle en avait ressenti. Déjà blême, Eden eut un instant d’hésitation dont s'empara un sidh pour retirer à main nue les planches la séparant de la pièce. La belle cria de surprise, gardant son luth contre elle et décolla littéralement du sol, empoignée par les cheveux puis dans deux bras fermes. Regardez ce que j'ai trouvé, chef ! S'écria un des sidh avant d'écarter ses cheveux et de lui renifler le cou comme un chien. Tu sens bon toi... je veux jouer avec toi.... Murmura-t-il dans son oreille, la voix rauque. Il se frottait déjà contre ses fesses lorsqu'elle bougea ses poignets de sorte que la hanse du luth envoie la coque dans la figure de ce crétin. celui-ci eut un mouvement de recul et Eden en profita pour pivoter et lui envoyer l'instrument dans la figure comme s'ils 'était agit d'une masse à deux mains. Ça aurait du ne pas faire d'effet, il était plus costaud qu'elle... Mais le type hurla en se tenant la joue comme si on l'avait brulé. Lorsqu'il retira sa main, Eden à bout de souffle grimaça en voyant de longues lignes bien fines apparaitre là où la chair avait fondu. les cordes étaient constituées d'opra... Forcément, ils avaient de la roche noire en eux donc ils ne devaient pas aimer ce genre de traitement.

Eden eut un mouvement de recul lorsque le type s'approcha d'elle, l'air furax et la main tendue vers elle. Elle avait eu la mauvaise idée de se focaliser sur sa langue qui allait par réflexe lécher le début des lignes faites par le luth, ce qu'elle trouvait dégoutant. Prenant son luth contre elle, eden continua du coup à reculer jusqu'à ce qu'une masse interrompe son trajet. Un sidh qu'elle ne pouvait voir lui empoigna la gorge et y plaça une lame, lui ordonnant de ne pas bouger. Eden ne sachant plus quoi faire regarda partout jusqu'à voir le gars au cheveux long. C'était lui leur chef ? Rien qu'à le voir elle était tétanisée. paralysée par la peur, son luth tomba au sol avec fracas, éclaboussant ses pieds du sang frais de la femme encore attaquée par des sidh juste à côté d'elle. La musicienne n'arrivait pas à parler et encore moins à se rendre compte qu'on violait la jeune femme juste à ses pieds. Elle fixait l'inconnu avec horreur tandis que le premier pirate prenait le luth, l'observait et le jetait au loin rageusement. De l'opra ! S'écria-t-il, dégouté. cette pute porte de l'opra ! Eden réussit à regarder autre chose que cet homme étrange et faisant si peur en entendant le sidh crier, juste avant de voir le poing lui arriver dessus. Sa lèvre éclata sous l'impact et elle ne lutta pas lorsque ce porc lui empoigna les hanches, descendant ses mains caleuses sur l'une de ses cuisses pour chercher comment défaire ce jean... Malgré elle, Eden sourit. Bah quoi, ils ne connaissaient pas ce genre de technologie ? Qu'est-ce qui te fait sourire, toi... Maugréa celui dans sa nuque, reniflant comme l'autre son odeur. Malgré elle, le sourire resta et elle défia l'agresseur devant elle du regard. Comptes. tu me tiens combien de jambe ? Murmura-t-elle, toujours de cette voix douce qui avait ennivré les humains ces derniers jours. Le pirate l'observa, perplexe et Eden lui envoya violemment son genoux dans les couilles sans chercher à l'épargner. elle avait jadis fait bien des choses avec ces cuisses et savait parfaitement que même sidh, il ne s'en remettrait pas en quelques secondes. Elle se redressa, malmenée par le sidh la tenant sans broncher. Celui-ci héla son chef, confirmant les craintes de la belle. On tue ces pétasses après au moins !











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MessageSujet: Re: Le navire fantôme   Ven 31 Oct - 20:13

Sieg observa la femme tenter vainement de leur échapper. C'était assez idiot. Ils étaient sur un bateau à la coque trouée, en pleine mer. La seule porte de sortie était une armée de Sidhes. Ou croyait-elle aller? Sous l'eau? Quelle idée insensée ! Néanmoins, elle et son instrument aux cordes faites d'opra avaient bousillés un de ses hommes, et plus ou moins une moitié d'un autre. Ce qui voulait dire qu'au lieu d'un joli trou bien propre dans sa petite caboche, la miss allait avoir le droit à un traitement de faveur. Et Sigurd se réjouissait à cette idée.

Première étape. Finir leurs affaires sur ce bateau. Il leva la main droite et indiqua par signes aux hommes occupés avec l'autre passagère d'aller filer un coup de main pour vider les cales. Ce n'était qu'un plus, certes, mais cela prouverait que leur création était viable, et cela lui donnerait encore plus d'emprise et de pouvoir dans le cratère. Et ça, c'était bon pour lui. Sieg n'était pas envieux, ou orgueilleux, aussi il ne désirait pas le pouvoir par jalousie ou par vantardise. Non. Lui, il le voulait par désir. Le pouvoir, où qu'il soit, était toujours attirant. Toujours...Excitant. Et Sieg....Sieg aimait cette sensation de puissance. Ce sentiment de tout contrôler. D'avoir le droit de vie et de mort sur tout un peuple. De pouvoir forcer la main de n'importe qui, sans avoir à y recourir.

C'est pour ça que Sigurd Thorvaldson était dans la course pour le titre d'Empereur des Sidhes. Pour ça et pour rien d'autre. Et en parlant de pouvoir...Il était plus que temps d'aller dire au revoir au capitaine.

Il tira son flingue et attrapa la .... chose gisant à ses pieds. Il fit signe aux deux sidhes qui escortaient la joueuse de cache-cache et ressortit sur le pont. Il savait pertinemment que certains - ou certaines, en l’occurrence - seraient dégoûtées par la vue du bois recrachant le sang dans la mer. Mais cela ne faisait qu'ajouter au spectacle qu'il avait prévu de leur offrir. Quoique, vu l'état de la première, il s'étonnait qu'elle ne se soit pas évanouie. Peut-être pourrait-il l'embarquer comme traînée, histoire de tenir ses hommes occupés. Cette décision les satisferait sans doute, à défaut de leur donner réellement plaisir. Même s'il se doutait que certains prendraient leur pied à violer une femme inconsciente, lui préférait les voir lutter -inutilement, bien sûr. Voir leur regard se vider, les voir se résigner, abandonner tout espoir - voilà qui était excitant, pour lui.

Il s'approcha du capitaine, maintenu prisonnier sous la surveillance d'un homme de confiance. Derrière lui, les scientifiques évacuaient le plus blessé de ses soldats. Il releva la tête de l'humain, le fixant de son regard sadique. Il sentit l'homme frissonner de terreur. Bien. Cela ne serait que plus drôle à jouer. Il tira son couteau et le promena sur la poitrine du marin. Il fit signe à ses hommes d'approcher, traînant la prisonnière avec eux.

- Regardez ce que nous avons trouver dans la cale...Heureusement que nous allons couler ce rafiot. Il était infesté par les rats. Et un bon capitaine ne devrait pas laisser des nuisibles monter à son bord. Je vais donc devoir....vous apprendre cette leçon. J'espère que vous vous amuserez autant que moi. Dans le cas contraire... Il adressa un grand sourire d'où émanait le mal à la prisonnière. Ce n'en sera que plus excitant!



- Quel dommage...Je vais devoir te tuer. Il coupa court aux supplications. -Cependant...J'aurais besoin de quelqu'un sur l'Asmoday pour maintenir le moral et la discipline de mon équipage. Hors, de ce que j'ai pu en voir tout à l'heure, tu me sembles tout à fait apte à remplir ce rôle. Mais bien sûr, je peux toujours t'empaler en haut du mat et te laisser couler avec ce bateau. Les prédateurs marins auront vite fait de te repérer, et de te dévorer, de la même manière que toi cette jambe. Alors? Quel est ton choix?

Sieg aurait beaucoup aimé la voir en haut du mat. Mais elle choisit la vie. Il en serait presque admiratif. Ce que les êtres humains étaient prêts à faire pour garder la vie. Pour garder espoir. C'en était quasiment....touchant. Il en concevrait encore plus de plaisir quand, une fois au mouillage, il la crucifierait sur la grande porte de l'entrepôt. Cela serait jouissif.

Il attrapa ensuite l'autre prisonnière, toujours consciente, bien qu'il ne puisse pas dire si elle avait encore toute sa raison, et lui susurra dans le creux de l'oreille.

- Ravi que vous soyez restée jusqu'à la fin, mademoiselle. Ne vous inquiétez pas, nous avons plein d'autres moyens de passer le temps à bord. Et j'ai même apporté un cadeau, en remerciement pour ces cordes en opra que vous nous avez donné plus tôt.

Sieg lui passa à la taille la ceinture taillée dans la cuisse de feu le capitaine. Puis, la tenant fermement, il se dirigea vers son bâtiment. Les quelques hommes encore à bord le suivirent, ayant fini de dégager la figure de proue de la coque en bois du navire humain.

Il se rendit dans sa cabine, où il avait ordonné que l'on dépose l'instrument de la musicienne - avec de nouvelles cordes, bien entendu - pour reprendre leur route. Les cordes en opra étaient scellées sous l'autel de leur chapelle, attendant qu'il s'en occupe - en tant que prêtre, c'était son devoir - et les blessés étaient pris en charge. Leur pillage avait porté d'excellents fruits. Il ne lui restait plus qu'à attraper les commandes et à aller décevoir l'Etat-Major. Au moins, il s'était gagné des alliés dans cette sortie pédagogique, en la personne des hommes du conseil. Cela lui serait utile, dans l'avenir...


Sigurd Thorvaldson
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MessageSujet: Re: Le navire fantôme   Sam 1 Nov - 17:40

Tout devait surement se passer dans sa tête, en fait. C'était impossible autrement... Comment elle, si prudente d'origine se serait retrouvée sinon dans une telle affaire ? Des Aos Sidhes violaient et détruisaient une des rares survivante du navire qui aurait du la faire remonter au nord. Pire que tout, obligée d'aller vers le sud elle s'était presque doutée que ce genre d'embrouilles arriveraient. Elle aurait souhaité que le bateau s'enfonce dans les eaux pour ne pas avoir à subir les tourments que s'imaginaient son esprit.

Mais ce fut pire que cela. Arrivés sur le pont, toujours maintenue par l'un des aos sidh, Eden vit avec horreur le capitaine lui-même être tiré jusqu'aux pieds du chef de ces monstres. Prise par ses émotions, elle se débattit mais la lame s’enfonça un peu plus contre sa peau blanche, laissant perler son sang sur la base de sa jugulaire et sa clavicule. Le sidh tenta de lécher tout cela et malgré ses mouvements d'épaule et ses grimaces bien sordides, Eden ne parvint pas à le dégager de là. Il ricanait contre elle comme un porc, c'était tout ce qu'elle retenait. Et puis leur chef parla d'un rat planqué... Elle espéra pour le capitaine qu'il ne s'agissait pas de lui, qu'il ne s'était pas terré derrière ses hommes mais le doute l'envahit. Il suffit de cette hésitation pour qu'elle perde le fil de ce qu'il se passait. C'est le cri de celui qui les avait sauvé qui la rappela à l'ordre. Le chef des sidhes venait de trancher dans la chair et loin d'être rassasié, continua cette descente aux enfers petit à petit, longuement... une éternité.

Le brun avait tellement d'idées retors dans la tête qu'il s'y prit plusieurs fois pour assassiner le capitaine du navire. mais avait-il simplement voulu le tuer ? Eden n'en était pas certaine... Elle avait plus l'impression qu'il s'était fait plaisir, ce qui l'empêcha de hurler de trouille. Ce connard aurait trop aimé... Malheureusement son corps parlait pour elle et bientôt elle senti un liquide ferreux pénétrer les sens de sa langue. Elle serrait les dents à sang, les yeux écarquillés par la terreur. Les cris s'assourdissaient tandis que la pression saccadée de son cœur se faisait de plus en plus lourde. Le sang jaillissait à flot et elle ne pouvait se détacher des coups, du sang, de cette odeur. La seule chose qu'elle avait en tête, comme une petite idée ou un détail l'empêchant de sombrer dans la folie était qu'elle sentait un liquide incertain glisser le long de sa cuisse. Au début elle crut clairement qu'elle s'était faite dessus, ce qui aurait été logique dans un tel contexte. Mais ses yeux vitreux se baissèrent et elle entrevit un bout d'organe agrippé à son jean, comme s'il faisait ventouse dessus. Cette chose était tellement bien située que le sang perlait à flot à des endroits pas très saints pour la peine. Des débris de chair et d'os il y en avait partout.

Le cauchemar ne s'arrêta pas là. La fille qui l'avait accompagnée, seulement habillée de son haut à présent ou du moins de ce qu'il en restait fut projetée au sol dans le sang afin d'assouvir les envies perverses de cet homme. manger une jambe ? Il était sérieux, là !? Ne fais pas ça ! Hurla-t-elle, paniquée à l'idée de ce qu'elle lisait dans le regard de la jeune femme. Mais celle-ci se raccrochant à la jambe comme à la vie commençant à mastiquer en couinant et en gémissant entre chaque bouchée et sanglot. Eden en était dégoutée et ses yeux se glacèrent, lui donnant l'air imperméable à ce qu'elle était entrain de voir. Le thorax ouvert à main nues et ce qui se passa après ne l'atteignirent pas. Elle regarda cela être fait, impassible, se concentrant encore une fois sur les taches qu'elle allait devoir laver sur son jean. Elle savait comment faire pour passer outre ce cauchemar, elle l'avait déjà fait... Il y eut des cris, des plaintes, et elle entendit une proposition être donnée... La femme se rua dessus, pleurant pourtant ensuite quand les hommes de ce cinglé se jetèrent sur elle. Eden entendait toujours son corps se soulever et jeta un regard peiné au cadavre du capitaine. Au moins il était mort, lui...

L'homme qui avait provoqué tout cela s'approcha alors d'elle pour lui susurrer quelque chose à l'oreille. Malgré elle Eden remarqua d'emblée qu'il avait une jolie voix... Malheureusement avec ce genre de promesses cette voix était surtout terrifiante et la belle l'entendit raisonner comme si elle pénétrait son oreille, grattait dans son cou pour trembler jusque dans ses entrailles. La sensation était déplaisante à souhait et c'est avec horreur qu'elle le vit en plus lui attacher un truc sur les hanches. Le genre de chose dont on se passerait à coup sur, blanc et rouge, brûlé par endroit et empêchant totalement de savoir si c'était de la chair ou des boyaux. C'était censé être un cadeau... ? Sérieusement ?
Sans la moindre once de douceur (c'est de l'ironie), le démon l'emporta sur son navire... A moins qu'ils y étaient déjà ? Elle n'était même plus capable de le dire à ce niveau. Il y avait encore du bois sur le pont, c'est tout ce qu'elle remarqua. Il la tira jusqu'à ses quartiers où Eden découvrit non sans surprise son luth... Elle entrouvrit la bouche pour murmurer quelque chose mais les nouvelles cordes s'embrasèrent et disparurent dans un feu de flammes blanches...

Eden n'attendit pas qu'on le lui accorde et alla chercher son luth, le serrant précieusement contre elle, non sans avoir pris sur son doigt le résidu noir laissé sur la surface vernie de celui-ci. Surement faite en roche noire, les sidhes ne s'étaient pas douté une seule seconde que l'instrument en entier était constitué d'Opra. L'instrument n'avait à nouveau plus de cordes, laissant la musicienne penaude, et le regard lointain, plutôt triste et ruiné.

Le luth a été verni avec la même substance que ses anciennes cordes... Les nouvelles n'ont pas du apprécier. Murmura-t-elle d'une voix blanche et sans le moindre tremblement. Non elle n'avait pas gardé son calme, elle s'était donné tout le mal du monde pour parler avec autant d'aisance après tout cela. ne sachant plus où s'arrêtait réalité, normalité et insécurité elle préféra s'engouffrer dans la brèche, espérant comme n'importe qui dans une telle situation : sauver sa peau. Vous ne me tuez pas et me rendez mon luth... Pourquoi ? Ajouta-t-elle, le regard vraiment étonné. Surtout quand on voyait l'horreur d'il y a cinq minutes. Elle ne se leurrait pas, n'entrevoyant pas de solution pour rejoindre le bord du navire sans qu'on la voit faire et tentent de la tuer. Serrant toujours le morceau de bois inutile contre elle, elle attendait la réponse. Elle cherchait à éviter que son cœur ne cède si vite et en même temps aurait bien supplié les cieux pour que cela arrive. Prévoyant le pire, Eden envisageait que la mort soit un sort plus confortable que les idées qu'avait ce salopard en tête. Dans la sienne, elle le traitait de tout les noms. Ordure, porc, salopard... tout y passait. Et puis elle observa les lieux, cherchant la moindre issue autre que la porte... mais il n'y avait rien à ce niveau, ce qui la fit grimacer. L'atmosphère du navire était nuisible, elle le sentait... Qu'est-ce qu'il allait arriver maintenant ?











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MessageSujet: Re: Le navire fantôme   Dim 2 Nov - 20:54

Sieg triturait ses instruments de navigations. Après plusieurs semaines d'essais, et avec un tableau de contrôle dessiné par lui - avec la collaboration des scientifiques, bien entendu - il commençait à piloter son vaisseau d'une manière plus assurée et plus fluide. Il avait dans l'idée d'utiliser ce type d'organisation sur chaque autre bateau dont les Sidhes se doteraient, histoire de pouvoir former des capitaines plus facilement.

Aux mots de sa prisonnière, il pressa un bouton, déclenchant un signal discret dans la cabine de son second. Ils avaient à peine eu la place de câbler tout ça, mais il avait insisté. S'il pouvait, avec une simple pression du doigt, faire que tout son équipage soit en ordre de bataille, leurs combats navals en seraient grandement simplifiés. Et puis, avoir toute une troupe lui obéissant au doigt - littéralement - et à l’œil, c'était surprenamment plaisant. L'homme entra dans sa cabine peu après, l'air interrogateur.

- Bon. Je vais m'absenter quelque temps. Je te confie donc la barre et la garde de mademoiselle ici présente. Et, bien que l'idée soit extrêmement tentante, ne la tue pas. J'ai envie de jouer encore un peu.

Le second acquiesça sans aucune objection. Sigurd et lui se connaissaient depuis des siècles. Enfin, au moins un. Ils avaient tout vécus ensemble, et le capitaine savait pouvoir lui faire confiance. Il se leva, ayant délibérément ignoré les paroles de la passagère, et lui entrava les bras grâce aux chaines qui pendaient contre le mur. Il sortit sur le pont avec une idée bien précise en tête. Deux, en fait. Premièrement, se rendre à la chapelle.

Le bâtiment, bien que très étroit, avait été conçu sur le modèle du Grand Temple d'Eresis, où Sieg avait ses habitudes quand il était en permission. Aussi, n'importe quel Sidhe savait en un instant où il était et où se trouvait chaque chose. Quoi de plus reposant que l'ordre ? Il passa derrière l'autel, adressant des remerciements silencieux à la déesse pour leur avoir permis de vaincre ses ennemis en ce jour. Il se pencha, ouvrant la cache qu'il avait fait aménager, et enfila ses gants. C'était là qu'était rangées les cordes d'opra qui avait quasiment tué un de ses marins. Et tout objet touché par ce cristal maudit devait être purifié suivant des rites très précis.

Il les plaça devant lui, sur le bois aussi noir que la météorite, et se mit à incanter. Pour un artefact de cette taille, le cérémonial ne serait pas très long. Et le vernis de son instrument n'avait pas blessé de sidhe, il en avait donc déduit que l'opra était trop diluée pour être dangereuse. Il lui suffisait donc d'ôter les cordes et il pourrait mettre son plan à exécution. Ou presque.

Sigurd sentait la présence divine prendre possession de son corps, infiltrant les cordes et souillant irrémédiablement la roche que son peuple honnissait. Si jamais la miss survivait à ce périple, elle allait devoir en dénicher de nouvelles. Les objets s'enflammèrent enfin, sur les derniers mots prononcés par le prêtre de bord, d'une flamme verte, malsaine. Malheureusement, le résultat ne fut pas tout à fait celui qu'il escomptait. Au lieu de simplement disparaître, l'opra se contenta de virer au gris, ne laissant que quelques grains de poussière blanche sur son autel. Il ne savait pas trop ce que ça donnerait, aussi s'en tint-il à son plan originel. Il allait devoir en trouver de nouvelles. Rien qu'il n'eut déjà prévu.

Il lança une courte louange vers les profondeurs de la terre et quitta le sol consacré. La seconde étape de son plan le menait droit dans les cales, remplies du butin tout juste acquis. Il allait fouiller dans la prise de guerre. Peut-être y avait-il quelque chose qui lui serait utile pour ce qu'il avait en tête. Il avait mis au clair la règle avant leur départ du port avec ses hommes. Tant qu'ils n'étaient pas ramarrés au ponton de débarquement, le butin restait dans la cale. Il avait même chargé l'un d'eux d'en faire l'inventaire. Inventaire qui se trouvait dans sa cabine, et qu'il pouvait modifier à sa guise. Si jamais quelqu'un voudrait voler une part du butin, il faudrait que ce soit fait avant que les objets soient embarqués. Ou que le voleur soit le capitaine.

Il ne trouva pas ce qu'il cherchait. Cela ne l'étonnait qu'à moitié. Ils ne s'étaient pas encombrés des affaires personnelles des gens de l'autre navire. Leur cale était certes assez spacieuse pour, mais, étant novice, il ne savait pas quand leur prise coulerait, aussi s'était-il limité à la plus grosse partie. Il avait néanmoins aperçu un objet qu'il aurait aimé conserver. Un objet de puissance. Il l'avait...Senti. Il était rangé dans un coffret. Bien entendu, le coffret ne serait pas ouvert lors de sa réquisition. Il lui suffirait donc de prendre l'objet et de refermer son écrin, puis de clamer l'écrin comme étant à lui lors du partage. Un jeu d'enfant.

Il fourra le bijou dans une poche et reprit sa route. Direction la salle des machines. Il avait fait l'erreur de prendre les fils que les scientifiques utilisaient pour leurs travaux la première fois. Cette fois, il prit soin de choisir des cordes tout à fait banales. Il n'avait plus qu'à essayer. Sinon, tant pis, il se contenterait aussi de la violer et de la torturer. Il avait juste envie de jouer différemment avec elle. Il ne savait pas vraiment pourquoi. Peut-être parce qu'elle ne s'était pas évanouie devant le spectacle qu'il lui avait offert, ou parce qu'elle n'avait pas tenté de retirer la ceinture en cuir humain. Ou encore parce qu'il suspectait que l'autre passagère, qui avait été retrouvée devant la planque de la musicienne, avait été refoulée par elle. Cette femme lui donnait le sentiment qu'il devait plutôt la corrompre. Elle pourrait faire une Sidhe très convenable. Et puis, s'il arrivait à corrompre entièrement une personne, alors son plan pour prendre le pouvoir suprême avancerait d'un pas important.

En remontant, il entendit les cris de souffrance du nouveau jouet de son équipage. Il avait dans la tête de proposer à la femme dans sa cabine de partager son sort. Ou bien une autre chose. Il aimait donner le choix à ses victimes. Dans les deux cas, le contrôle était entièrement sien, et la cible ne s'en doutait pas un instant. Et puis, voir l'incompréhension et la confusion dans leurs yeux était tellement....plaisant.

Il repassa dans la chapelle prendre les cordes purifiées par la Puissante Eresis puis retourna dans sa cabine, laissant son second vaquer à ses autres occupations, puis rompit le silence.

- Tu es chanceuse. Je suis de bonne humeur, aujourd'hui. Je vais te laisser la vie sauve. Une très longue pause. Sieg aimait jouer avec le supense et les nerfs de ses sujets de cette manière. - A une condition. Le voyage en mer est long et monotone. Distrais-moi jusqu'au port, et tu seras libre ET vivante.

Il s'approcha d'elle et la détacha doucement. Il avait posé les deux jeux de cordes sur l'instrument, et elles étaient cette fois entières.

- Bien sûr, tu peux aussi refuser. Dans ce cas, tu auras le plaisir de retrouver ton amie dans la cale, et je te laisserais aux bons soins de mes hommes. Qui te tueront et te violeront sans doute chacun leur tour. Avant et après ta mort, très certainement.  Alors? Que choisis-tu?

Sieg se rassit et attendit une réponse, la main sur son pistolet, prêt à exécuter la demande de sa victime.


Sigurd Thorvaldson
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MessageSujet: Re: Le navire fantôme   Dim 2 Nov - 22:38

A peine avait-elle posé ses questions qu'au lieu d'une réponse le brun l'emmena de force avec lui, lui faisant lâcher le luth qui parti en un vol sur le lit.Il l'attacha au mur, donna ses ordres à celui qui devait être un serviteur, son second... bref, un larbin et s'en alla sans même daigner lui donner une réponse. A peine avait-il le dos tourné surtout que le regard du deuxième se changea en un rictus assez excité. On ne lui avait ordonner que de ne pas tuer, non ? Il se faufila comme une bête, engloutissant les mètres le séparant de la jeune femme pour venir enfouir ses mains sous son haut et malaxer sa peau avec envie.

Je t'avais dis que je voulais faire des choses avec toi... Eden l'observa, paniquant et enfonça sèchement son front dans son nez avant de tirer avec rage sur ses chaines... en vain. pire, comme elle avait les poignets fins ce tyran avait pris le soin de les serrer pur ne pas qu'elle risque de partir, mais trop justement. des rougeurs commençaient déjà à apparaitre quand le second lui empoigna les cheveux, la tirant en arrière et lui susurra dans l'oreille de se calmer, ressortant à nouveau sa dague. Eden n'eut pas le temps de protester que la dague s'enfonça dans sa cuisse, ripant sur l'os pour aller s'enfoncer toujours plus loin dans sa chair. Elle hurla de douleur et le second se mit à rire avant de retirer son instrument dont la lame, incurvée d'une façon bien étrange s'arrangea pour découper un peu plus les chairs au passage. L'homme releva sa dague, ricanant et observant la musicienne essayer de se retenir d'hurler plus puis caressa la cuisse ensanglantée et le tissu bleu-sombre qui la recouvrait empoignant la plaie. Il lui susurra alors à l'Oreille. Les humains sont si fragiles... Mais bon dieu ce que leur peur est bonne ! Railla-t-il en lui empoignant les cottes pour la mordre dans le cou violemment, mettant du sang un peu plus sur les vêtements de la musicienne.

Eden serrait les dents le plus possible mais finit par crier une seconde fois, se débattant avec sa seconde jambe pour l'éloigner d'elle. Elle réussit à lui mettre un second coup et le sidh se recula, blême de rage. Toi je te jure que tu vas me le p... Gronda-t-il avant de s'interrompre, une sorte de mélodie se répandant dans la chambre. les yeux blancs de la jeune femme luisirent d'une lumière tantôt bleu tantôt violine, comme deux miroirs de nacre. Émettant les sons d'abord bouche fermée, Eden finit par se concentrer malgré sa douleur et commença alors à chanter très doucement la mélodie des esprits. Cet homme semblait loin d'être aussi puissant que son chef et se laissa envouter aussi aisément que la goule... Mais pour sa défense, Eden était surement l'une des meilleures envouteuses du peuple humain. Ne pouvant demander grand chose à cet être qui voulait visiblement elle le sentait à présent, la battre, la violer et la tuer, elle le repoussa juste comme cette immonde goule, la forçant à rester assise. dans les yeux du sidh la haine se lisait de plus en plus. elle était déjà trop faible pour l'envouter totalement...

Eden commençait à s'interrompre et le sidh à se redresser et avancer vers elle quand la porte s'ouvrit. La belle qui fredonnait déjà extrêmement bas s'interrompt alors, laissant le second quoi, incapable d'expliquer pourquoi il avait le nez en sang ou bien pourquoi il avait attaqué eden. il aurait juste aimé pouvoir en faire plus. Mais s'en alla sans demander son reste. Eden écouta le brun parler de sa chance et se permis un rictus bref entre grimace et sourire ironique, pensant à sa cuisse qu'elle n'osait regarder. Elle refusait de se montrer faible mais la perte de sang mettait au plus mal son cœur. Encore plus blême que d'habitude, elle entendit la demande du brun, du moins que partiellement et se retenant à lui malgré son dégout pour ne pas s'effondrer, orgueilleuse, elle accepta. Hochant la tête, elle tenta de trouver à l'aveuglette le mur de sa main derrière elle puis s'y adossa et se laissa glisser à terre, posant une main contre son cœur. Ça ne se calmait pas, ça s'empirait et l'atmosphère du bateau n'était en rien pour l'aider bien au contraire. Eden avait l'impression que les résidus d'opra en elle n'avaient plus la même capacité et son état régressait à celui qu'elle avait eu dans l'ancien monde. Sauf que là elle n'avait rien pour endiguer cela. Quelques murmures et notes, une tape contre le sol en bois et le luth vint d'un coup sec se poser sous sa paume, à l'endroit où elle avait tapé le sol. Sa vue commençait à s'étrécir quand, regardant le vide devant elle, elle monta les cordes avec une habitude plus que visible sur le luth. Son contact semblait la calmer, et le luth luire légèrement. Le bois était lui aussi imprégné d'opra, elle l'avait déjà dit mais on pouvait se demander pourquoi elle s'y accrochait autant.

Eden commença à faire quelques notes de la mélopée des cimes et en un rien de temps la douleur commença à s’atténuer en elle; En appelant au bois même de son luth, elle sembla se calmer, sa vue se fixer à nouveau comme si son cœur venait de se calmer. ... Elle n'avait remis qu'une seule corde sur le luth, c'était peut-être ça, le pire. Serrant le luth contre elle, eden se recroquevilla sans piper mot. Son état s'était largement empiré et elle savait que cette fois ce serait définitif. Incapable de se relever pour le moment, elle releva son regard vers l'aos sidh, un regard non pas vide mais totalement blasé et surement depuis bien longtemps.

De la musique, et une fois arrivé je suis libre. Ok. Elle n'allait clairement pas lutter vu son état : on l'amenait dans un territoire où ce qui avait arrangé son cœur n'était plus opérant, il n'était donc même pas certain qu'elle ne meurt pas en essayant de retourner sur le continent du milieu. Elle n'avait clairement pas le choix et ne s'était du coup même pas occupé de l'idée de subir la même chose que son amie. Elle voulait survivre encore un peu, c'est tout ce qu'elle voulait pour le moment...











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MessageSujet: Re: Le navire fantôme   Mar 11 Nov - 15:02

Sieg s'approcha tranquillement de son dernier jouet, un léger sourire sur les lèvres. Il se doutait bien que, vu son état, il avait du se passer deux trois choses. Et l'odeur du sang qu'il perçut en s'avançant vers elle ne fit que le lui confirmer. Après tout, il avait bien quelque chose du genre derrière la tête lorsqu'il avait posé sa limite. De toute façon, il était assez vieux pour savoir que tout ce qu'il faisait, il le faisait à ses risques et périls. Et puis, ce ne serait pas la première fois.

Cependant....Sigurd était le capitaine du bateau, sa parole faisait donc loi. Hors, sa parole était de la débarquer en vie. Dans un sens plus que tordu, il était en quelque sorte obligé de tenir parole. Ce qui le forçait donc à vérifier que son second n'était pas allé trop loin, et le cas échéant à faire soigner les éventuelles blessures. Quel dommage. Il aurait tellement préféré s'amuser avec elle à sa manière....habituelle. Mais peut-être était-ce là une épreuve envoyée par Elle, après lui avoir accordé cette victoire. Peut-être était-ce Son moyen de s'assurer qu'il était la bonne personne, qu'il saurait faire preuve de retenue et de loyauté quand il le fallait, et par là même, qu'il serait digne d'occuper le poste qu'il briguait.

Il faudrait qu'il aille se recueillir un de ces jours. Histoire d'essayer de comprendre tout ça. Pour le moment, il avait encore quelques tâches à accomplir.

- En tout cas, on va commencer par ça. Et aussi par s'occuper de ton état. Même à contrecoeur, je ne manque pas à ma parole. Alors, laisses moi voir ça.

Le capitaine déposa un passage un léger baiser sur ses lèvres, pour tout d'abord lui faire comprendre que tout ce temps avec seulement de la musique ne lui suffirait pas à survivre, et ensuite parce qu'il était prêtre, et qu'il savait plus ou moins ce qu'il faisait dans ce domaine-là. Il la plaqua sans mal contre le lit, et ne mit pas longtemps à repérer la plaie. Il faudrait qu'il fasse remarquer à son second d'éviter d'utiliser son couteau courbé sur les prisonniers à garder en vie, la prochaine fois....Si jamais il y avait une prochaine fois.

Il tira sa propre lame, trancha une grossière bande de tissu dans ses vêtements et improvisa un garrot. Puis, utilisant la commande reliée à la salle des machines, il fit venir un scientifique histoire que sa jolie captive ne rende pas l'âme. Si la volonté d'Eresis était bien qu'il la garde en vie, alors il obéirait avec joie. Après tout, la mort n'était pas la seule chose que Sieg aimait, et la douleur pouvait être également jouissive...Surtout quand il était le bourreau.


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MessageSujet: Re: Le navire fantôme   Ven 14 Nov - 20:07

Eden serra les dents mais ironiquement elle en vint à remercier ce salopard tyrannique d'être intervenu. Avec lui, son second finit par partir... Et même si elle fut en partie forcée d'accepter de jouer de la musique pour eux, elle pensait ne pas s'en tirer si mal. Serrant son luth contre elle, elle senti ce catalyseur éveiller les infimes traces d'opra en elle, et son cœur se calmer. Il s'approcha d'elle, non sans déposer un baiser sur ses lèvres qui la glaça jusqu'au sang, lui laissant une désagréable pensée en tête. Elle n'était pas dupe, elle sut d'emblée ce qu'il désirait d'elle et n'en serra que plus sa main sur le luth. Voilà qui salait l'addition qui lui permettrait de survivre à bord de ce bâtiment. Pire, elle avait eu l'impression que s'il s'était attardé plus longtemps sur ses lèvres elle aurait bien pu succomber et cela lui déplaisait au plus haut point. Oh pas à cause de la corruption potentielle, mais parce qu'elle aimait contrôler tout simplement. Eden se laissa étendre, trs mal à l'aise pour le coup et ne Elle écouta les dires du brun et finit par en avoir assez de cette discussion froide, surtout si elle devait durer tout un voyage. J'ai un nom, je m'appelle Eden. murmura-t-elle, n'aimant clairement pas l'idée de devoir passer le voyage à être appelée "l'humaine" ou "truc". Elle souleva ses bras fins (et le luth avec) lorsqu'il dut passer autour de sa taille pour faire le bandage, l'observant de plus près. Le capitaine du navire lui-même lui faisait un bandage... Elle notait cela au lieu de s'attarder sur son charisme... car oui il dégageait quelque chose d'étrange, diffus.

Honnêtement qui aurait pu la comprendre ? Elle se méfiait des corrompus parce qu'on ne lui en avait dit que du mal, et de par ce qu'elle en avait vu elle-même mais s'avouait volontiers qu'ils la rendaient curieuse, surtout celui-ci en fait. Lorsqu'enfin il la lâcha, elle se redressa et planta le luth entre eux comme si cet objet idiot pouvait empêcher une quelconque attaque de la part du brun. A dire vrai elle avait replié une jambe sous l'eau et se mettait déjà à régler le luth avec celles-ci, sachant pertinemment que le luth brûlerait les cordes si elles étaient constituées un minimum de roche noire. mais cela ne se fit pas, ce qui lui permis enfin de pouvoir faire quelques notes...

Il faut que je joue quoi ? Demanda-t-elle froidement, ne souhaitant pas avoir à avoir davantage de lien avec cet homme, et encore plus à présent qu'il l'avait mise mal à l'aise. Vous ne m'avez toujours pas donné votre nom.... Rien à fare disait-on ? c'était cela, oui. cela ne prenait pas, elle doutait en ce moment de ses convictions, n'arrivait plus à agir durablement selon ses choix... Sa concentration partait en vrille sur ce navire.

Elle releva son regard vers lui, froid et blasé. Semblant ne pas être effrayée par lui, il n'en était pourtant pas le cas. Elle avait peur, avait envie de pleurer et de paniquer à sentir son énergie être absorbée par ce navire mais elle savait déjà qu'elle avait griller ses points de survie en montant sur ce navire. Les débris de chair toujours sur sa hanche lui rappelaient très largement ce qui empêchait les débris de roche blanche en elle d'aider son cœur à ne pas se dégrader. Dans une telle atmosphère, survivre au voyage serait une épreuve mais sortir du continent vers lequel ils se dirigeaient... non. Cela échouerait. Elle avait besoin d'un plan pour envisager la suite... Elle n'en voyait pas. Alors pour l'heure elle émettait des notes, essayant de réfléchir sérieusement à un moyen de rejoindre la mer... Mais comment ? En haut le moindre gros bras l'attraperait avant et la rejetterait aussitôt dans une cale, ou pire.











Eden L. Nikolaiev
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MessageSujet: Re: Le navire fantôme   Sam 10 Jan - 17:41

Sieg s'était éloigné de sa prisonnière, son visage fermé penché sur son poste de pilotage. Le médecin de bord entra, l'air visiblement irrité. Toutefois, l'on pouvait apercevoir une pointe d'inquiétude dans son regard. Il n'était pas un combattant, et il savait très bien ce dont cette fille était capable. Il en avait vu le résultat sur les deux hommes actuellement à l'infirmerie.

Il s'approcha néanmoins, juste assez près pour pouvoir vérifier des yeux le travail de son capitaine.
- C'est bon, l'hémorragie est endiguée. Votre captive vivra. Quant à nos hommes... Ils s'en sortiront, avec de belles cicatrices. Si tant est que nous rentrions au mouillage vivant.

Sigurd sourit. Bien. Une vraie belle victoire, avec des preuves à exhiber, des blessures pour confirmer son récit. Il imaginait déjà ce qu'il allait dire à l'état-major, la tête qu'ils tireraient devant son succès. Il imaginait également le visage de ses pairs servants d'Eresis l'Infinie quand ils sauraient ce qu'il avait découvert sur les propriétés du fragment qui lui avait été confié à contrecœur. Ah, cela promettait un triomphe ! Il congédia son matelot d'un geste vague de la main et se tourna vers cette femme...Eden.

- Il me semble que c'est toi la musicienne, non? Alors joue ce que tu sais jouer...Et prie pour que cela me satisfasse. termina-t'il avec un sourire étrange, mi-amusé, mi-carnassier. Il reposa ses mains sur la console, dirigeant le navire avec une certaine aisance, comme il menait ses hommes sur la terre ferme.

Il laissa passer quelques minutes, écoutant les notes fragiles résonner dans sa cabine. Il se surprit de constater qu'il avait penché la tête en arrière, se plongeant dans la mélodie. La différence entre les airs qu'il connaissait et ceux que cette femme lui jouait était certes grande. Il n'avait entendu presque que des morceaux militaires ou religieux. Les rares personnes qui composaient autre chose étaient vues comme des originaux, des excentriques. Après tout, la musique était, dans leurs esprits à tous, liée aux Nephels. Sieg avait un jour surpris un prêtre à composer autre chose. Une mélodie plus sombre et plus légère que ce que l'on jouait habituellement chez les Sidhes. Au cours de certaines de ses campagnes, il avait pu entendre les prisonniers de guerre jouer, également. Et il avait fini par apprécier la musique. Peut-être pas autant que certains chants plus conformes, mais cela s'était prouvé une distraction suffisante pour éviter de laisser son esprit se focaliser sur certains passages de sa vie que lui-même trouvait noir.

- Quant à mon nom, Eden, je ne te l'ai en effet pas donné. fit-il, rompant la trame musicale. - Mais puisque nous allons passer quelque temps ensemble dans cette cabine, autant souscrire aux convenances. Je suis le Capitaine Sigurd. Et j'ose espérer que tu es capable de mieux que ça avec ton instrument. Sinon, je risque de me lasser de toi bien avant notre arrivée ...

Les menaces à peine voilées étaient généralement une bonne motivation. Pour n'importe qui, sauf lui. Le jour où il avait gagné son arme, il était passé à travers des souffrances inimaginables, bien pire que tout ce qu'il avait pu faire subir au cours de sa carrière. Quant au titre de capitaine...Disons qu'il s'agissait d'une invention bien pratique en attendant sa promotion, qui ne manquerait pas d'arriver. Sinon, certains pourraient se poser des questions. Et l'état-major, tout aussi puissant qu'il était, n'aimait pas attirer l'attention des vrais dirigeants de son peuple.

Le voyage durait depuis une bonne semaine déjà. Rien à signaler. La mer était calme. Aucun prédateur marin n'osait s'approcher, peut-être à cause de l'aura d'Eresis. Aucun autre bateau en vue non plus, sans doute effrayé par l'apparence infernale de leur propre vaisseau. Un ennui mortel, somme toute. Il aurait préféré se trouver sur un champ de bataille, baignant dans la boue et le sang, trempé jusqu'aux os et mort de froid, contraint de manger les rations militaires en provenance directe du cratère, sans savoir ce qui se passerait. Mais il était ici. Au chaud, au sec, l'estomac plein, avec un bon lit et une très jolie source de divertissement. Son seul travail étant de faire avancer le navire et de veilleur à ce que son équipage fasse bien son boulot. Enfin, de vérifier que son second vérifiait bien que l'équipage obéisse.

Il laissa son regard dériver vers sa prisonnière endormie. Il avait quelques idées en ce qui concernait des façons de briser l'ennui. Il s'assura que la chaîne qui la reliait au mur ne risquait pas de rompre et sortit, traversa le pont, saluant ses hommes. Sa destination était assez prévisible. La chapelle. Il s'agenouilla en silence devant l'autel, priant. Il ne faisait pas partie des élus auxquels Elle avait décidé de parler, et s'en accommodait parfaitement. Il avait entendu dire qu'Elle était extrêmement intimidante, violente, sadique. Bref, la mère de la race Sidhe dans toute Sa splendeur. Cependant, cette fois, il lui sembla ressentir autre chose lors de ses dévotions. Une sensation de froid, de désespoir, de mort et de violence. Il frissonna. La présence était tellement forte que même lui en avait peur. Et il savait que ce n'était pourtant qu'un aperçu de la vérité.

Il n'y eut pas de mots. Pas d'ordres. Seulement un sentiment diffus qu'il avait fait les bons choix. Diffus mais pourtant plus fort que n'importe quel résultat habituel. Sieg se leva, effleurant de sa main le bracelet qu'il n'avait toujours pas essayé. Autant le faire maintenant. Il le sortit de sa poche et le passa à son bras. Il sentit brusquement la force affluer, pas aussi violemment qu'avec son arme, mais cette fois dans tout son corps, pas seulement dans son bras. Le capitaine sourit. Cet artefact allait lui permettre de surpasser la légende. Le Sergent Sigurd Thorvaldson, dit Sergent Bras-du-Démon. L'homme qui avait brisé les portes d'acier de la ville où s'abritaient les humains. Mis fin à un siège interminable. Épargne des vies sidhes. Les portes d'acier si épaisses qu'elles étaient réputés indestructibles. Et pourtant, il les avait réduites en miettes. A mains nues. Certes, elles avaient été entamées par les tirs des soldats. Mais il avait du néanmoins employer toute sa puissance, et n'avait pu se battre pendant le reste de la mise à sac. A son réveil, ses quelques hommes l'acclamaient. Un cri repris bien vite par le reste des troupes. Sergent Bras-du-Démon. Le Destructeur. Briseur de siège. Vainqueur des Portes d'Aciers. Il avait appris plus tard que les défenseurs l'avait submergé sous les tirs et les projectiles. Qu'il avait récolté tellement de blessures que certains pensaient qu'il mourrait. Mais il avait survécu. Il avait gagné ses galons de Lieutenant peu après cette bataille.

Un choc le sortit de sa rêverie. Il quitta le sol sacré, trouvant ses hommes les armes à la main. Il s'adressa à son second de sa voix de basse.

- Que s'passe-t'il donc?

- Aucune idée mon Lieutenant. On a du heurter quelque chose, un rocher sans doute.

En guise de rocher, c'était un monstre marin qui se dressa soudainement devant eux. Étrangement, il hésitait à attaquer, comme si il était effrayé par quelque chose qu'il ne comprenait pas. Sieg ne perdit pas de temps à rester bouche bée devant cette chose. C'était tuer ou être tué. Ça na changerait jamais. Il ordonna à ses hommes de faire feu, de détruire cette créature. Ou au moins de la repousser. Lui se précipita sur le pont inférieur, dans l'armurerie. Ils avaient embarqués cette arme sur insistance de la plupart de ses hommes. Finalement, il était bien content de l'avoir à bord. Il tira sur la bâche, dévoilant un vieux canon. Il n'avait jamais tiré au canon. Ne savait absolument pas s'en servir. Il se glissa aux commandes, posa les mains sur l'arme. Et toute les connaissances nécessaires lui vinrent en un flash. Il se mit en position, chargea l'engin et lança un regard par le périscope. Il y avait bien un rocher. Il doutait que le canon puisse venir à bout du monstre, mais il pouvait au moins les dégager du récif. Il tira, regardant le rocher exploser, les fragments se fichant dans la chair du prédateur. Il remonta tout aussi vite, les connaissances s'évanouissant dès qu'il lâcha les manettes. La chose était toujours là. Elle ne semblait pas vouloir partir. Les attaques de son équipage avait causé des blessures superficielles, qui ne saignaient qu'à peine. De son côté, le monstre n'avait rien abîmé. Apparemment, le feu nourri l'avait maintenu à distance.

Il pouvait sentir que la bête n'allait pas tarder à attaquer. Il prit donc les devants. Il attrapa un appendice qui volait dangereusement près de sa tête et s'y hissa. Il n'était pas très stable. De toute façon, il ne comptait pas rester là très longtemps. Il se laisse glisser, atterrissant sur une petite plate-forme créée par la lave refroidie qui avait été tirée pour repousser cette chose. Il pouvait entendre les tirs de fusils. Ses hommes avaient du vouloir garder quelques forces, pour avoir arrêté les jets de lave. Ou alors ils ne voulaient pas le blesser. Peu importait. Dans quelques secondes, tout serait fini. Il fit signe à un soldat de passer l'échelle de corde par-dessus bord, lui offrant une voie de repli. Il se retourna vers la bête qui, distraite par les tirs, ne lui prêtait aucune attention. Un tentacule s'abattit, détruisant leur mât. Parce que oui, ils avaient un mât, au cas où les moteurs tomberaient en panne. Sieg prit une grande inspiration et activa son arme. Il entendait la clameur monter derrière lui. Ses hommes avaient compris ce qu'il voulait faire. Il sentit la puissance affluer, multipliée par celle que lui conférait ce drôle de bijou. Puis il frappa. Un coup, de toute la force dont il disposait. Son bras s'enfonça dans la bête jusqu'à l'épaule. Son cri de douleur lui déchira presque les tympans. L'immense horreur marine retomba dans l'eau, coulant vers les profondeurs, détruisant sa plate-forme au passage. Il nagea rapidement jusqu'à l'échelle, absolument vidé de ses forces. Ses hommes le sortirent de l'eau et le portèrent à sa cabine, acclamant son exploit. Le Sergent Bras-du-Démon, à la force si grande qu'il pouvait d'un seul coup de poing détruire n'importe quoi. Peut-être même de l'oprah. Il s'effondra sur son lit, faisant signe à ses matelots de quitter sa cabine, et s'endormit. Le bateau avait un mode pilotage automatique. Et une seconde barre dans la salle des machines. Il n'avait pas de soucis à se faire.

Spoiler:
 


Sigurd Thorvaldson
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MessageSujet: Re: Le navire fantôme   Mar 13 Jan - 19:50

Elle entendait le murmure des vagues en bruit de fond depuis un laps de temps assez long, surtout pour une captive n'ayant pas vu la lumière du jour depuis... elle ne le savait pas en fait. Même le matelas, les draps étaient devenus inconfortables et même insupportables à force, pire encore elle supportait la plupart du temps la présence du "capitaine" Sigurd... Eden n'avait pas pu s'empêcher de sourire face à ce nom étrange. Un nom de grand mère totalement en décalage avec le personnage. Et voilà que le silence revenait. Ça ne lui rappelait qu'un peu plus ce qu'ils s'était passé peu de temps avant, et elle n'en laissa couler qu'une larme lorsque, rouvrant les yeux, elle s'assura que ce salaud était enfin parti. Se redressant dans le lit non sans grimacer de douleur, elle tentait de penser à autre chose pour garder son calme mais en vain. Déjà lorsqu'il l'avait embrassé la première fois elle s'était sentie sale mais là ça dépassait tout. c'était en elle, sur elle, que ça soit volontaire ou non. Et pire que tout, c'était définitif... elle le savait autant que son cœur qui avait faillit lâcher autant de fois qu'il lui avait écarté les cuisses... A présent, à dire vrai elle n'arrivait même plus à se lever. Elle attrapa comme elle put son luth, sentant sa tête tanguer légèrement face à ce mouvement et le serra contre elle, respirant enfin.

Les battements de son cœur se calmèrent et il ne resta plus qu'un poids lourd au fond de sa gorge. Pour le coup ce n'étaient pas les larmes mais bien son cœur qui faisait ça. Il allait la tuer... Il avait beau rire et prétendre qu'elle était consentante à chaque fois au final, c'était juste pour mieux la tringler selon ses désirs et ses ambitions. Il semblait avoir quelque chose en tête, mais ce qui était sur c'est que même si elle était sauve pour le moment il s'arrangeait toujours pour que d'une façon ou d'une autre, ça ne soit pas agréable, voir.. perturbant. Et puis il y a avait ses dons... ses pouvoirs qu'elle sentait fuir petit à petit à chaque fois qu'il la touchait, l’attrapant par elle ne savait plus quel membre pour s'imposer en elle. A chaque fois elle fuyait ses lèvres : elle avait compris son jeu mais elle ne pouvait pas avoir le dessus contre un homme d'une force pareille.

Alors elle avait encaissé, ses vêtements à présent tachés et crasseux en parfait contraste avec le blanc perlé de sa peau ou celui de ses cheveux d'argent. Elle se sentait sale mais surtout vide... Commençant à entonner une chanson, elle comprit rapidement que si sa voix était toujours aussi belle, elle touchait moins le bois... les esprits. Dans un premier temps la chanson des esprits avait limité la casse, sans qu'il sache il changeait d'envie et ressortait de la chambre sans l'avoir touchée. Et puis lorsque ce talent était devenu trop faible pour être usé sur lui elle avait usé du bois pour bloquer la porte : Elle se souvenait encore de sa tête quand, l'ayant défoncée une première fois ils 'était demandé pourquoi l'embrasure de la porte semblait à présent trop étroite pour que la porte ne s'ouvre. La porte était réparée depuis...Mais pas les traces des sévices. Un haut le cœur faillit lui faire rejeter hors du lit ce qu'il la forçait parfois à ingérer. Encore sensible, elle ne voulait pas mettre de mots sur ce genre d'actes. Mais jusqu'à quand ? Ses dons s'en allaient, sa vie lui échappait des doigts... Maudit soit-ils... Lui, ce navire infernal dont chaque effluve lui donnait envie de se laisser aller de se venger... De ces hommes qui parfois rentraient dans la chambre mais, n'ayant pas la force de leur chef, se faisaient assommer d'un bon coup de luth ou de ses litanies, même affaiblies.


Sa voix s'éleva sans que personne ne l'entende. Elle ne touchait pas les âmes, ne faisait pas craquer le bois pour intimider les sidhes sur le bâtiment... mais elle était audible d'autre chose. Une chose qui envoutée par le mouvement de ce son afflua dans l'eau, remontant poursuivre le chant si attirant d'une sirène. Eden savait que c'était ô combien cruel de faire ça mais honnêtement elle n'en avait rien à faire... On voulait la tuer ? La salir ? Alors elle se vengerait de la pire façon qui soit...

Et le prédateur émergea des eaux. Elle entendit au loin les hurlements d'horreur des matelots, n'ayant aucune compassion pour eux. Elle voulait qu'ils meurent et périssent en sentant le sel de la mer les pénétrer longuement durant leur longue agonie. Elle se demanda même combien de temps mettrait un sidh pour se noyer. La cacophonie ne l'empêcha pas de jouer mais un détail finit par la faire arrêter... Le navire avait arrêté de tanguer, la bataille était finie. Ses forces se dissipaient mais elle resta fièrement le dos contre la tête de lit : même les chaînes n'arrivaient pas à enrayer avec quel regard impérieux et quelle froideur elle posa son regard sur Sigurd. Son luth à présent au sol, elle avait tout d'une envouteuse qui n'était surement pas pour rien à l'appel de ces créatures infernales. Et elle avait essayé de tous les tuer, quitte à couler avec eux... par simple vengeance. A dire vrai plus le temps passait et plus le désespoir du début s'effaçait. Elle se savait condamnée et voulait tout bonnement emporter le plus de monde avec elle. Elle avait peut être l'air douce mais son cœur était entrain de geler petit à petit, montrant une cruauté plus violente encore que le simple sac qu'elle avait reposé pour refuser son aide à la défunte gisant quelque part sur le navire. Son amour propre toujours sans tâche, elle avait l'air inébranlable pour le moment. Elle aurait voulu qu'il soit mort, voilà ce que son regard disait. Et n'y étant pas parvenue elle ne lui adressa aucun mot d'excuse pour cela. Après tout, c'était bien les deux seules choses qu'il n'était pas parvenu à lui arracher : des supplications et des excuses.

Son regard descendit sur la masse informe et sans vie qui lui avait écarté les cuisses quelques heures auparavant... Et qui à présent s'écroulait sur le lit, mort de fatigue. Elle avait essayé de les anéantir, s'en doutait-il ou se moquait-il d'elle en ne réagissant pas ? Toujours est-il que si elle parvenait à se régénérer avec son luth, elle ne l'aida pas à faire de même et resta juste là, silencieuse e froide comme un glaçon. En parlant de glaçon... Peut-être que ce combat qui l'avait poussé dans ses retranchements lui ferait penser à autre chose que la violer ce soir ? Elle devrait appeler les créatures des abysses plus souvent en ce cas.











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MessageSujet: Re: Le navire fantôme   Ven 13 Mar - 18:41

Quand le capitaine se réveilla, la première chose sur laquelle il posa les yeux fut....l'horloge. Et cela acheva de le sortir de son sommeil. Cela faisait plus d'une journée qu'il dormait ! Il se doutait bien que dépenser autant d'énergie d'un coup aurait des effets secondaires, mais pas de ce niveau. Il s'étira, passa une main dans ses cheveux en une vaine tentative d'arranger sa coiffure. Il se leva ensuite, se dirigea vers ses commandes. Les scientifiques que l'armée lui avait laissé choisir avaient fait du bon boulot. Le navire n'avait presque pas dévié de son cap. Il ajusta leur trajectoire, puis jeta un regard sur sa captive. Il haussa les épaules et sortit, ignorant totalement ce qu'il pouvait lire sur son visage. Il ne se sentait pas d'humeur à jouer avec elle.

Une fois sur le pont, et après avoir fait taire les saluts et les vivats de l'équipage, les informa qu'ils ne leur restaient que quelques jours avant d'arriver au port, ce qui mit du baume au cœur de tous. Malgré tout ce qu'ils pouvaient dire sur les prouesses qui leur permettaient de s'aventurer aussi loin et longtemps sur l'eau, les Sidhes restaient un peuple résolument terrestre, et tous se languissaient de débarquer. Comme à son habitude, il prit un repas avec ceux de ses hommes qui n'étaient pas de quart, puis se rendit dans la chapelle.

Il s'agenouilla, baissa la tête et ferma les yeux, laissant son esprit se vider de tout sauf d'Elle. Il passa ainsi une heure, méditant sur les derniers événements, sur ce qu'Elle pouvait vouloir exiger de lui. Priant. La remerciant de leur avoir accordé la possibilité de naviguer. Quand il se releva, il avait eu une excellente idée. Quelque chose qui, à défaut de le satisfaire pleinement, l'amuserait beaucoup.

Les jours suivants furent tout ce qu'il y avait de plus routinier. Sieg faisait faire plus ou moins tout ce qui lui passait par la tête à sa prisonnière, qui visiblement ne réagissait que très peu, son navire était parfait, ses hommes de bonne humeur, aucun conflits à résoudre, bref....L'ennui total. Et vint le dernier jour. La terre était visible avec une longue-vue. Et ne serait-ce que la présence des oiseaux l'annoncerait a tous bien assez vite. Aussi se décida t-il à préparer le matériel dont il aurait besoin pour son dernier divertissement. Il fit apporter sur le pont un brasero et un fer, dont l'extrémité était la marque de son bataillon. Celle qu'il avait choisie lorsqu'il avait été promu et qu'il avait du remplacer le prêtre précédent.

Il fit sortir sa prisonnière de sa cabine, suscitant des commentaires explicites de la part de son équipage. Il en sourit. Il l'amena devant le feu, la tenant fermement par le bras. Elle devait avoir compris ce qui l'attendait, maintenant.

- Hé bien, il est venu le temps de nous séparer de nos invitées... En tout cas, de celle-çi.

L'autre femme avait été jetée par-dessus bord la veille, morte d'épuisement. Il s'approcha du feu, trainant la femme derrière lui.

- Et je me suis dit que c'était dommage de la laisser partir comme ça. Qu'il fallait lui donner un présent, preuve de notre hospitalité. Rires.

Il tira le fer chauffé au rouge et l'appliqua sur son épaule dénudé, gravant sa marque en elle plus sûrement que par tout ce qu'il lui avait fait subir jusqu'à présent.

- Le port est là. Dès que le vaisseau sera à quai, tu seras libre de partir...Comme promis.

Puis, attachant les chaines au bordage, il retourna dans sa cabine pour la manoeuvre d'accostage. Une fois amarré, il fit descendre Eden et la détacha.

- Et voilà, tu es libre. Peut-être aurons-nous le plaisir de nous revoir ?

Il l'embrassa d'un baiser inquisiteur et plein de force puis lui indiqua le nord et la planta là, menant ses hommes a leurs baraquements. Il avait été informé que des envoyés de l'Etat-Major les y attendaient. Enfin, ils voulaient surtout le voir lui et entendre son rapport. Ils allaient être déçu. Il avait réussi.


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Le navire fantôme

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